ORTHEZ  – Mercredi 14 juillet 2021

Corrida en forme de desafío ganadero pour Octavio CHACON (turquoise et or), Alejandro MARCOS (vert amande et or) et Yannis DJENIBA « EL ADOUREÑO » (blanc et or).

1er, Juan Luis FRAILE (4 ans 4 mois) : negro armé large. Le picador est applaudi pour un 1er tiers en trompe-l’œil, avec trois piques prises au galop : 1ère en place et courte ; 2ème en venant du toril, en arrière et levée de suite ; 3ème dans l’épaule et elle aussi levée de suite. Banderilles posées difficilement. La faena, en musique dès la 3ème série, est prudente, Chacón ne forçant pas trop son talent (Comme l’a dit un ami de jolie manière, il est vrai qu’il aura un col « hors catégorie » à monter samedi prochain à Céret !). Bernadinas finales, entière en avant d’effet immédiat et oreille sur demande que j’ai vue minoritaire.

2ème, SANCHEZ HERRERO (5 ans un mois) : magnifique burraco en negro listón bien armé. Pas arrêté, il prend une pique en arrière en poussant modérément et accuse le coup à la sortie ; la 2ème est de nouveau en arrière et la 3ème, prise au pas en venant de plus près, est brève. Le comportement de ce toro au 2ème tiers fait douter de sa vue voit-il (bien) de loin ? de près ? Toujours est-il que le tercio est arrêté avec trois palos posés en quatre passages entrecoupés de passages en faux. En début de faena, l’animal montre qu’il a de plus en plus de mal à porter son poids, puis reprend de l’allant. Marcos, lui, reste marginal, prend la main gauche tardivement et, le toro faisant voler la muleta, n’insiste pas sur ce bord. Après un tiers de lame basse, plate et en avant et une demi-lame un peu mieux placée, il a l’honnêteté de reprendre une épée pour conclure par pinchazo et entière en avant. Avis ponctuel et silence.

3ème, FRAILE de VALDEFRESNO (5 ans 7 mois) : un negro qui remate et se casse la corne gauche. Il est remplacé par le sobrero de CAMINO de SANTIAGO, petit mais bien armé et en pointes. La mise en suerte est soignée mais la pique (trop) bien placée, est repositionnée plus en arrière ; le palco accepte la demande d’arrêt du tercio. Banderilles diversement placées, avec poursuites irrégulières. Le toro arrive bouche ouverte et tardo dans la muleta d’El Adoureño, d’où des derechazos isolés. Prenant la main gauche, le torero paie un instant d’hésitation d’une cornada profonde à la cuisse avec projection en l’air ; il doit être évacué à l’infirmerie. Chacón cadre l’animal et l’expédie prudemment par demi-lame suivie de quatre descabellos.

4ème, Julio GARCIA (4 ans 7 mois) : beau negro très armé (prévu au départ pour Madrid ?), bien reçu par véroniques données pieds joints. Deux mises en suerte très approximatives pour une pique basse et une autre prise en cognant dans le peto. 2ème tiers bâclé par l’un des peones et plus soigné par l’autre. À la muleta, le torero sert une faena précieuse, mais plus volontaire qu’à son 1er toro ; l’animal charge lentement, voire au pas, ce qui donne encore plus de relief (!) à ce type de toreo que certains appellent « moderne ». Demi-lame plate et en avant, descabello et oreille(tte) gentille.

L’équipe médicale ayant accompagné El Adoureño à l’hôpital d’Orthez, l’organisateur annonce que la course sera interrompue après la lidia de ce 4ème toro. En conséquence, le 5ème et le 6ème, des Hermanos MARTINEZ PEDRES et d’EL RISCO, ne sont donc pas sortis en piste. À noter qu’en ces temps de « J’ai payé …, donc j’ai droit à …), aucune protestation ne s’est élevée du public ; la dignité devient si rare qu’elle se remarque.

            En ouverture de cette course, le novillero béarnais Jean LARROQUETTE « JUANITO » a toréé un eral d’ALMA SERENA. Colorado d’armure fermée, il est reçu par véroniques, chicuelinas et demie données dans un style relâché. L’animal, faible, effectue une vuelta de campana, s’effondre aux banderilles, limitées à deux paires et s’éteint lors du quite qui suit. À droite, Juanito cite son opposant de loin dans un trasteo vertical, puis se fait bousculer à gauche ; il le sort de sa querencia et, après quelques approximations de débutant, sert une série de cinq molinetes ! Il arrête intelligemment son travail à sept minutes et tue d’une entière en place. Oreille.

Présidence pour moi généreuse.