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...Non pleurer, ca ne suffit pas..

J’aime bien aller chez les Colombiens après une course Madrilène, le bar est rigolo, le service encore plus car quand l'établissement est plein il n'est pas rare de voir les serveurs poser les nappes de papier blanc sur les capots des voitures garées en épi juste devant, ou encore sur les grosses poubelles de la ville, qu’ils nettoient sommairement …rustiques quoi.

Là ça parle vrai et fort, se mélangent ici les durs du sept, les tenants des vedettes estampillées Domecq Solis Solis, d’anciens toreros, des ganaderos des types en costume cravates, d’autres en chemises ouvertes jusqu’au nombril…bref un mundillo a lui tout seul…on y croise peu très peu de Français, et depuis peu des jeunes, de plus en plus jeunes…comme un regain.

La discussion du jour tourne autour du Juli et de sa prestation du jour…je ne sais pas si c’est l’évolution de Morante qui le travaille, mais le Juli réoutille son établi. Il a été très professionnel à Séville, nonobstant les mêmes défauts qui peuvent insupporter l’aficionado, cassé souvent en deux (il faut dire qu’il n’est pas très grand, La muleta, véritable voile de bateau, qu’il utilise quasiment comme une cape, la façon de prendre la tete du toro vers l’extérieur du chiffon, et de le balancer en haut et vers l’extérieur, ou encore cette tauromachie en cercles concentriques qui empêche les toros faiblards de tomber, et enfin les mises à mort façon pois sauteur, sur le côté, et qu’il justifie par ce que le public veut des morts rapides et que selon lui le Julipie permet justement cette mise a mort hors des canons et des cornes, mais efficace...enfin, d'habitude parce qu'aujourd'hui, justement ca n'a pas marché)

Les pro Juli trouvent cela extraordinaire les autres trouvent cela de la tricherie, voire vulgaire et en tous les cas hors de la norme. Juli, c’est une machine de guerre, il ne torée pas il dompte disent les uns, qui rajoutent qu’il a raté sa vocation d’infirmier tant il peut faire tenir des toros qui tombent, et qu'il se choisit dit un autre perfidement. Les mauvaises langues prétendent que s’il se casse en deux sur le côté c’est pour éloigner la corne, et pouvoir toréer à Mi-Hauteur à moindre frais, et au pico, regarde ou la muleta est mouillée, c’est jamais au centre… les autres crient au génie, il serait donc le seul a avoir compris cela, et pouvoir toréer les toros les plus faiblards…ils sont tres peu a savoir faire ca.les esprits s’échauffent, les colombiens servent le jamon et les Pescaitos accompagnés de vins blancs ou rouge et de bieres, ce de plus en plus souvent…le thème du jour est cette faena, et d’abord les toros, son premier sucre d’orge vite arrêté, mais qui tendait les oreilles déjà prédécoupées rigolent ceux du sept et son second de «Puta Madre »  Disent les tenants du Juli, un toro plein de défauts qu’il a réussi a comprendre, à plier et toréer…une m….répond l’un des effrontés, difficile tu parles, demande a ceux qui se paient les Escolar, les Dolores Miura et autres…tout juste un peu de ‘’Genio’’….n’empêche qu’il lui a tire tout le jus, avec lenteur et temple, non ? Mais oui, pour une fois qu’il se croise chante l’un avec un brin de mauvaise foi, tu l’as vu de face toi ? Parce que moi pas, mais c’est vrai que je ne loge pas au tendido huit. Pour moi c’est l’une des plus belles faenas de ces dernières années a Las Ventas, oui surtout les deux dernières, rigole un barbu…mais vous au sept vous ne respectez rien, ni personne, il vous faut des éléphants et des types a l’hôpital, et vous retorque un autre, vous sortez vos mouchoirs au moment où vous louez vos coussins…vous ne savez pas grand-chose du véritable toro, c’est dire, vous gobez tout.

Mais vous l’avez vu le Juli, il parait qu’il a pleuré, tellement il était dedans. Larmes de crocodiles, rigole un autre, il pleurait sur lui, pas sur ce que tu as ressenti, il triche tout le temps, il pleurait les contrats perdus oui…et puis s’il tuait si bien on le saurait non…mais la faena tente encore un autre…quoi la faena ? si je comprends bien, il faut lui donner deux oreilles parce qu’il est arrivé à corriger un toro un peu manso et récalcitrant, p…mais Chacon, Vara, et tous les autres du circuit dur font ça tous les jours…oui mais ils ne savent pas toréer quand ils ont un toro noble, dit un autre.

Les Colombiens rigolent sous cape, parce que de parler donne soif, que le chiffre d’affaires est aussi lié à ces polémiques, qu’ils vont finir par faire deux groupes distincts.

Ceux du vin et ceux de la bière rigolent-ils. Vous en pensez quoi vous ? Le serveur hausse les épaules, nous on ne voit que la télévision, et c’est la première fois que je vois un torero, une figura pleurer comme cela, je ne sais pas si c’était de la rage, du dépit, ou une véritable tension…la faena était belle, mais ça ne suffit pas surtout ici a Madrid, pleurer non ca ne suffit pas.

CHF