Appréciable novillada concours  

Arles, vendredi 12 septembre 2014, après-midi sous un beau soleil mais accompagné d’un mistral par moment violent qui contrariera capes et muletas et deviendra glacial en fin de course.

Les gradins sont garnis d’à peine deux petits milliers de personnes qui constituent un public averti, silencieux et froid. Pourtant cette novillada méritait mieux et n’a pas déçu les aficionados présents. Il ne faut pas déplorer de voir de moins en moins de novilladas et bouder en même temps les trop rares qui se présentent.

Une minute de silence sera respectée au moment du paseo en mémoire d’Hubert Yonnet dont la place habituelle dans ces arènes est symboliquement occupée par des fleurs.

Il y a eu, au moins, quatre novillos intéressants dans cette course dont le Blohorn supérieur. César Valencia se montra le plus mûr, David de Miranda maladroit et brouillon, Louis Husson, le débutant à ce niveau, encore vert mais courageux et déterminé.

1 - Concha y Sierra, n° 17, janvier 2011, cárdeno salpicado, pour  César Valencia

Bonne réception par véroniques.

C’est Andrés Nieto monté sur Moïse d’Alain Bonijol qui officie à la pique.
Trois rencontres au cours desquelles l’animal va au cheval sans se faire prier et avec allégresse, pousse un peu en mettant les reins mais manque de forces.

Il suit bien aux banderilles.

Il va tête basse dans la muleta et charge,  handicapé par sa faiblesse, avec une noblesse un peu fade, permettant à César de s’imposer sur les deux bords sans grande émotion.
Un pinchazo, une estocade desprendida, un peu en avant et tendue.

Applaudissements à l’arrastre, salut au tiers.

2 – Villamarta, n°19, mai 2011, noir, pour David de Miranda

Fuyard à sa sortie, l’animal est èchement tordu, bruit de claquement perceptible, et renversé par un recorte du maestro. Il s’en relève, selon moi, définitivement amoindri, traînant une patte avant droite devenue incoordonnée.

Il est piqué par Rafael Carbonell monté sur Gigolo.
Il s’élance sur la première pique avec plus d’envie et de volonté que de puissance physique. La pique sera rapidement relevée et la seconde sera très légère. Cela montre que la cuadrilla avait pris conscience du traumatisme  infligé au novillo par la cape.

Les banderilles seront réduites à deux paires.

À la muleta, le novillo serre à droite. David de Miranda qui manque de technique dessine cependant quelques naturelles estimables en fin de faena qui laissent le public silencieux. Il abrège et conclue d’une estocade entière et foudroyante dans la même indifférence générale. Pour moi, ce novillo est resté inédit.

3 – Torrestrella, n° 56, décembre 2010, noir, pour Louis Husson

Joli est bien armé il est applaudi à sa sortie. Louis Husson lui sert des de jolies  véroniques en parón.

Il s’élancera trois fois avec alegria vers le cheval monté par Nicolas Bertoli, poussera un peu sur la première pique mais pas du tout sur les deux autres.

Il suit bien aux banderilles.

Au troisième tiers, il se montre mobile, infatigable et noblissime. Louis en profite pour se lancer dans une longue faena de guerrier hurlant face à un novillo qu’il aurait fallu toréer muleta et voix plus basses pour le ralentir, lui imposer des passes moins longues, le modeler avec douceur et relâchement.
Un pinchazo, un avis, une épée entière caidita.

Applaudissements à l’arrastre, salut au tiers.

4 – Blohorn, n°6,  janvier 2011, castaño, pour César Valencia

Le novillo, dénommé Vridi, costaud comme un toro, très convenablement armé,  s’engage avec force et noblesse dans les véroniques de César Valencia.

Il prend en partant de plus en plus loin trois excellentes piques d’Yvan García monté sur Moïse. Chaque fois il pousse en brave avec fixité.

Valencia banderille, posant une première paire al cuarteo, une seconde al sesgo por dentro, loupe le violín et termine de poder a poder.

Au troisième tiers, le novillo fut à la fois excellent et exigeant, il accélérait dans ses charges avec générosité. Valencia essaya vaillamment de se mettre à son niveau. Son application fut évidente quand, par exemple, débordé et obligé de rompre dans une série de naturelles, il s’arrime pour la recommencer et la bien conduire jusqu’au pecho libérateur. C’est le moment que choisit un petit chat “gris-cárdeno” particulièrement véloce, surgi d’on ne sait où, pour s’offrit deux vueltas al ruedo, à la Speedy Gonzales, avant de disparaître derrière un burladero.

Épée entière, une oreille. Vuelta au novillo très fêtée.

5 – Pagès Maillhan, n° 142, mai 2011, noir

David de Miranda reçoit assez bien ce novillo aux jolies cornes veletas. Il se défend sans pousser au cours de trois piques très mal administrées, José Manuel Mora Cartes se contentant de poser à peine la pique et de la relever. Pourquoi ? Je ne sais pas.

Lidia catastrophique et tercio de banderilles déplorable.

Muleta en main, David commence à toréer par le haut sans parvenir à assujettir les trajectoires. De plus, le mistral qui prend un peu plus de force complique le jeu. À droite ça passe mal. Le côté gauche est meilleur mais au cours de la première série de naturelle le torero se découvre et la corne impacte le haut de son mollet gauche. Un garrot de fortune est posé. David, saignant, en finit par un bajonazo avant d’être porté à l’infirmerie par sa cuadrilla. Il sera opéré sur place la trajectoire n’étant pas, selon la rumeur, trop dévastatrice. 
Encore un novillo resté à peu près inédit.

6- Coquilla de Sanchez Arjona, n°65, avril 2011, negro bragado

Ce petit noir se montre violent dans la cape de Louis Husson qui a du mal à le canaliser.

Gabon Rehabi lui administre une première pique  bien placée sur laquelle il pousse un peu, une deuxième au milieu du dos, une troisième mieux placée dont il sort seul.

Bonnes banderilles de Manolo de los Reyes.

À la muleta c’est difficile, l’animal est violent, développe du genio, n’offre que des charges courtes mais n’est pas inintéressant. Louis se bat avec ses moyens de débutant et un courage indéniable. Il insiste à gauche où ça passe un peu mieux. Le combat est honorable d’autant qu’il est parachevé par un excellent coup d’épée, le meilleur de l'après-midi.

Palmitas.

Le prix des riziculteurs au meilleur novillo est décerné à Bruno Blohorn pour son novillo Vridi.

Prix Nimeño II au meilleur lidiador : César Valencia.

Prix Juan Luis Rivas au meilleur picador : Iván García (qui a piqué le novillo de Blohorn).

Présidence : M. Serge Louis, assisté de MM. Mas et Para.

Jean-Jacques Dhomps