Orthez 2016 - Une corrida de Hoyo de la Gitana « infumable »?

 

De manière générale il faut saluer les efforts faits pour informer le public avec l'annonce appréciée des noms du picador et de sa monture (cuadra Bonijol). Mais signaler aussi un trop plein de musiques peu au courant des pratiques taurines. Abondance peut nuire en particulier lors de la novillada.

 

Dimanche 24 juillet - 11h – 4 novillos de la Retamar pour Luis David Adame et Adrien Salenc.

 

Le temps est couvert et doux pour accueillir une chambrée correcte (demie arène). Côté novillos des animaux bien dans le type Nuñez avec des interrogations vis à vis de certaines armures. Le troisième s'assomme et se casse la corne, désorienté il est logiquement sorti et remplacé par le sobrero du même fer.

Luis David Adame n'est qu'à quelques semaines de sa future alternative nîmoise. Sa prestation au bord du Gave succède aux succès remarqués dans les grandes places (Séville, Madrid, Pampelune...) elle a certainement pâti d'un manque de concentration.

Son premier novillo, cornicorto et à la corne gauche ébréchée, se montre distrait, faible mais noblito. Il n'ira qu'une fois au cheval pour un picotazo symbolique. Il se reprendra mettant en difficulté le novillero à gauche et il le désarme de la corne droite. Celui-ci n'est pas à son avantage cape en main mais il a de l'office. L'entière d'effet rapide lui vaut une première oreille généreuse .

Son second bis est très beau il porte fièrement la tête haute mais avec une corne gauche en pinceau. Il ne connaît qu'un seule pique où il pousse franchement. Salut des banderilleros. Sa charge sera courte et le novillero s'attachera à tirer la main mais l'asphyxie limitera les possibilités offertes par le cornu. Après quelques gestes et desplantes peu appropriés et une faena brouillonne il pose une demie épée qui entre toute seule et sera d'effet rapide . Re-oreille.

Luis David ADAME, le cadet, à main gauche Luis David ADAME sort a hombros

Adrien Salenc, formé à la fondation du Juli, effectue sa première saison en piquée. Il semble s'être posé et fait toujours montre d'un bel aplomb face au bétail.

Son premier novillo est armé, mobile et violent. La première pique est hasardeuse le novillo poussant longuement. Adrien pose laborieusement les banderilles avec de l'envie mais peu de succès, il effectue un quiebro qui sera bousculé à la quatrième paire. Approche par doblones avant un toreo équilibré sur les deux cornes mais peu croisé et trop chargé en redondos. Il tue difficilement après avis de deux pinchazos et d'une demie épée delantera nécessitant deux descabellos. Silence.

Le quatrième cornicorto est accueilli d'une larga aforolada de rodillas plutôt risquée précédant une prestation de cape templée. Le cheval de pique « se gèle » sous la selle de Gabin Rehabi ; en total refus la monture doit être changée. Il s'agit d'une jeune jument de cinq ans qui n'en était qu'à sa troisième novillada et semble avoir été perturbée par l'agitation du patio de caballos. Á la première pique le cheval remplaçant est soulevé deux fois, la deuxième étant lancée depuis le centre de l'arène. Quite d'Adame et brindis au même. Le toreo servi au novillo sera varié mais terni par l'attirance aux planches que le novillero ne rectifiera pas.Et encore des circulaires inversées... Mort délicate avec deux pinchazos et une entière delantera nécessitant deux descabellos et une kyrielle de puntillas. Vuelta pour l'ensemble de l’œuvre, il doit absolument progresser à l'épée pour espérer obtenir des trophées.

Adrien SALENC à main gauche Adrien SALENC amorçe pecho

Prix de la meilleure pique à Gabin REHABI, triomphateur Luis David ADAME.

 

Dimanche 24 juillet – 6 toros de Hoyo de la Gitana pour Domingo Lopez Chavès, Alberto Aguilar et Emilio de Justo

Beau temps chaud et 2/3 d'arène ( la concurrence des Miura à Mt de Marsan n'aide pas). Minute de silence. Côté bétail et audelà du bon mot les taureaux se révéleront tous violents et décastés même si cela n'enlève pas une morphologie de qualité avec toutefois une réserve générale concernant les armures, le cinquième étant plutôt anovillado. Ce sera un après-midi difficile pour les hommes, les taureaux ne laissant que très peu d'initiatives et laissant planer le doute sur leurs intentions douteuses. Que de cites lancés dans le vide et d'exhortations sans résultats !

Á noter le travail de chef de lidia de Domingo Lopez Chavès toujours présent au quite, à la mise en suerte et à l'accompagnement de la sortie du cheval.

Domingo LOPEZ CHAVES en chef de lidia

Domingo Lopez Chavès hérite d'un taureau parado qui ne passe pas. Deux piques lui seront servies où il s'emploie. Quite d'Alberto Aguilar tombant à plat. Sans ressources, le maestro abrège la faena de deux pinchazos et d'une entière basse d'effet immédiat et d'une série de puntillas.

Son second est le plus armé du lot il exigera beaucoup du torero à la cape et subira deux piques où il s'engage avec violence. Il est doublé avant de désarmer le torero de la corne droite. Il acceptera d'être toréé sur les deux rives chargeant lentement et mollement. La mort sera laborieuse d'une demie épée insuffisante après un avis et une longue série inopérante de descabellos.

Alberto Aguilar voit son premier opposant s'employer dans la cape en y étant très présent. Idem à la pique avec une première posée dans le dos, reposée et carioquée et fortement poussée. Il revient de lui même dans le peto. La deuxième est placée dans le morrillo et replacée. Quite d'Emilio de Justo. Le taureau parado n'a qu'une petite charge permettant d'alterner sur les deux cornes. Il sera couché difficilement d'un pinchazo et de deux épées basses.

Son second part seul aux trois piques, pousse à la première, sort seul à la seconde, pousse et sort seul à la troisième. Panique aux banderilles posées une à une. Il ne permettra rien seulement quelques bribes de passes à gauche. Impossible à cadrer il observe avec obstination les gradins mettant le torero en difficulté qui n'arrive pas à l'affronter. Cinq pinchazos dont plusieurs tentés au passage et ¾ d'épée contraire. Sifflets à l'arrastre.

Alberto AGUILAR au pecho

Emilio de Justo fait sa présentation en France. Posé et déterminé il saura tirer parti de ses deux adversaires. Peu cornu son premier taureau serrera à gauche à la cape et se montrera violent aux deux piques reçues désarçonnant Gabin Rehabi qui casse la puya au premier assaut, sortant. Il est mis en suerte par le chef de lidia pour un troisième assaut qui n'aura pas lieu Emilio ayant demandé le changement de tiers.

Gabin REHABI à l'épreuve

Il passe mieux que ses compagnons de camade permettant plusieurs séries à droite et à gauche., dominant le diestro sur une dernière série droitière. Une entière delentera le couchera et délivrera la première oreille.

Son second mieux armé ne permettra rien à la cape. Il part seul à la pique et pousse fortement, le picador pompant jusqu'à trouver du pétrole à la deuxième. Le torero déterminé fait avec la demie charge et prend la main. La faena ne sera que droitière et se déroulera comme au ralenti. Mete y saca et entière trasera pour une deuxième oreille valant sortie a hombros.

Emilio de JUSTO à l'oeuvre Emilio de JUSTO et son second trophée

                                                           

                                                        Dominique Valmary