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Pâques Aignanaise

La toute dernière fois que j'ai vu une corrida complète de Pages Mailhan, je crois que ça a été à St Martin de Crau. Invite au sorteo du matin, nous avions vu arriver les toros entoures de chevaux alors que nous arrivions aux corrales de Gimaux, si je me souviens bien.

À peine entrés dans l’enclos clos, si j’avais un marteau, une terrible bagarre se déclencha, les toros étaient devenus fous...ils sautaient littéralement aux murs essayant de nous atteindre et a peine au sol, ils se jetaient les uns sur les autres...il y avait là un immense toro, long comme un train de marchandise il portait le numéro 111, las, un petit rouquin vicieux lui passa sous le ventre l'ouvrant en deux…une horreur. Les organisateurs firent sortir les curieux, ceux qui n'avaient rien à faire là...les plus bruyants, ceux au bord du vomissement, et une ou deux personnes égarées et tentèrent de calmer les monstres à coups de jets d’eau…de pique électrique et je ne sais quoi de plus… ?

L’après-midi fut fade, les animaux semblaient épuisés et portaient tous des séquelles de la bataille livrée quelques heures plus tôt.

J'aime bien aller à Aignan, les choses s'y font sérieusement, en rapport du classement de l'arène, et les organisateurs sont des gens sympas qui ne se prennent pas pour ce qu'ils ne sont pas.

Bien que gênés une partie de la corrida par un groupe de gens avinés et grossiers qui ne donnent pas une bonne image du public taurin, Aignan n’étant pas Pampelune, le spectacle s'annonçait intéressant.

Le capital sympathie donné à Javier Castaño, dont on sait les combats et la volonté qu'il eut de montrer son second toro, en le mettant en valeur a la pique comme pour une concours entraina sans doute la seconde oreille à son actif. Même si, selon moi il fut en dessous de ses deux toros...mais les aficionados, je pense, étaient ravis de le revoir en piste, en intégrité physique en apparence en tous les cas. A noter quand même un tiers d’épée de catégorie, qui rappela à tous qu’un tiers de lame bien donne peut aussi être efficace qu’une mauvaise entière

Que voulez-vous que je vous dise de Dufau ? Si j'écris ce que je pense vraiment certains me diront que je m'acharne...quand les toros sont bons, il est en dessous, quand ils sont compliqués il ne s'en tire pas, et quand ils sont très difficiles il se perd les papiers...doit on toréer ou châtier un manso, faire des passes n'est pas toréer...à son actif une épée malchanceuse mais très sincère qui aurait pu lui valoir une oreille si elle était placée trois centimètre un peu plus en avant...on entendit le ''chnouf'' de la lame qui pénétrait les tissus jusqu'à Remiremont de Guyenne...c'est dire.

La claque fut de courte durée, j’aimerais d’ailleurs que les applaudissements qui accompagnent la mort d’un toro pour soulever sa bravoure ne soient données que lorsque l’épée est en place, sinon ça n’est plus de la bravoure mais de la survie a une mort mal donnée. Trois descabello plus tard il sortit de piste dans l'anonymat...et ne parlons pas du second toro qu'il ne comprit pas...Dufau quoi !  Entre vous et moi, je crains beaucoup pour sa prestation Madrilène car si los Manos sortent aussi terribles qu'annoncés, il devrait se faire déborder, quant aux Saltillo Madrilènes, ce sont des crotales pleins de vice et dépourvus de pitié, il faut aller les chercher aux limites de l'interdit pour les toréer. Cela demande de l’engagement, et Thomas Dufau a du courage on ne peut lui enlever cela.

Cette corrida Madrilène si elle se passe bien, présage peut être l'entrée dans le second circuit celui des Belluaires, mais c'est sans doute loin de ses espoirs affichés et qui s'amenuisent peu à peu...à moins que Saint Simon ne fasse miracle…Je crains en cas de débâcle que sa carrière n’en prenne un coup.

Le plus intéressant de la tarde fut David Galvan, qui fit le maximum sur ses deux exemplaires, le premier qui se décomposait comme une pomme laissée sur la fenêtre en plein soleil d’été, lui donna du fil à retordre, Galvan trouva distance et hauteur de bras, il mena son affaire au mieux et. Il nous gratifia de jolis gestes qui donnaient une idée de ce qu’il est capable de t faire.

Son second, plus noble que le comte de lèchefrite, se laissa faire sur les deux bords permettant quelques séries profondes, les plus jolies de l’après-midi, avant de lui aussi baisser de dynamique rapidement obligeant Galvan a accélérer le châtiment suprême, n’éternisant pas une faena qui ne le méritait pas.

Un lot de toros manquant de forces et de piquant, assez disparates, un bon noble un brave bien mis en valeur a la pique, quelques rates mais de jolis gestes sous un soleil de Pâques, il n’y eut pas de miracle, mais une bonne après-midi de toros.

CHF