Le temps incertain et la concurrence landaise ont pesé sur la fréquentation des gradins pourtant garnis d’une très grosse demi-arène. Le cartel était pour le moins éclectique réunissant le baroque vétéran Rodolfo Rodriguez « El Pana » qui effectue sa présentation en France, le distrayant Manuel Escribano et l’ombrageux Paco Ureña. La répétition des taureaux de Rehuelga vus à leur avantage en début de saison à Saint Martin de Crau aurait pu être une garantie mais ils se présentèrent desiguales d’âge, de trapio et de comportement, seuls les 5 et 6, le 4 à dans une moindre mesure, ont fait honneur à la ganaderia.

Aguilillia n°15 – 01/2009 pour « EL PANA » est un petit taureau aux très petites cornes et mou dans ses mouvements. Le péon de brega conduit la suerte de cape au centre du ruedo avant que le maestro ne concède trois véroniques. A la pique il effectuera les mises en suerte sous l’œil du patron.  Une seule pique  sera donnée en arrière et le taureau châtié. Après un quite, El Pana demande le changement de tercio. Il conduit la faena de muerte avec l’épée de mort sur la corne gauche, trinchera et molinete galliste s’égrènent entre les naturelles. Il conclue d’un final plus enlevé sur la rive droite devant un bicho qui n’a jamais eu une véritable charge. Dans l’élan, il pinche deux fois et  descabelle avec succès. Salut au tiers.

Peñaverde n°9 – 01/2009 pour Manuel ESCRIBANO est du même type. Il accepte la confrontation à la cape bien menée par le diestro. Une pique suffira en arrière et pompée. Le torero demande le changement de tiers après un quite de véroniques en tablier. Il pose lui-même les banderilles à un taureau qui suit ; il l’arrête de la main au centre du ruedo. Brindis au public. Le départ se fait de naturelles aidées avant de continuer sur la corne droite. Le taureau plus que gentil et respectueux temple tout seul d’où une faena sans enjeu ni émotion. Il le tue d’une entière très bien placée et d’effet rapide demandant toutefois l’usage de la puntilla. Salut au tiers.

Caralimpia n°7 – 03/2009 pour Paco UREÑA est un taureau un peu gras et à l’armure plus développée ou respectée. Il s’emploie dans la cape dominatrice qui le conduit au centre. Le torero soigne la mise en suerte pour une pique mal placée et mal replacée. Le taureau « poussette » et colle au caparaçon sans effet. Paco Ureña exécute un quite avant le changement de tiers. La pose des banderilles est limitée à deux paires, le taureau trébuchant. Brindis au public. La charge est douce et permet au torero d’effectuer un travail propre à droite  mais trop tardif à gauche le taureau ayant tendance à s’éteindre. Il reprend à main droite prolongeant de trop la rencontre par notamment une circulaire inversée laborieuse en l’absence de charge et des manoletinas peu justifiées. Une entière engagée met un terme à la faena et lui permet de décrocher une Oreille.

Manuel ESCRIBANO  Paco URENA

Giritanero n°6 – 11/2008 pour  « EL PANA » ouvre le bal des cinq ans et demi. Il se présente plutôt gras et doté de cornes peu avantageuses pour lui. L’accueil à la cape n’est pas des plus élégants si ce n’est la revolera de conclusion. Deux mises en suerte par le péon pour deux piques dont le taureau sort seul. Quite de Manuel Escribano avant le tercio de banderilles limité à deux paires. Le torero autoproclamé « romantique » engage sur la corne gauche puis à droite où il se fait désarmer et poursuivre ; desplante rageur au public !  Les séries droitières le voient une nouvelle fois désarmé avant qu’in ne passe à des naturelles aidées par le haut. Après le changement d’épée et une trinchera, il pinche sur un recibir, deux autres suivront avant trois descabellos. Devant la division d’opinion, il s’octroie une vuelta à la mexicaine complétée d’un deuxième tour en trottinant. Applaudissements à l’arrastre.

Jabato n°1 – 12/2008 pour Manuel ESCRIBANO est de belle présentation avec une armure intacte et développée. Il est accueilli par une larga afarola de rodillas puis dans les plis de la cape il avertit par trois fois sur le côté droit. Il se comportera en manso au cheval, le renoncement à un troisième assaut s’avèrera préjudiciable pour l’homme par la suite. La troisième paire de banderilles posée par le maestro mérite d’être mentionnée. Le taureau sera exigeant au-delà de l’envie du maestro qui insistera sur la corne gauche avant d’écourter la rencontre  conclue d’un pinchazo et d’une estocade à remarquer.

Perlasnegras n°14 – 11/2008 pour Paco UREÑA est un taureau noir de fort belle présentation et astifino. Il embiste à la cape et poussera vigoureusement à la pique. Deux paires de banderilles seulement. Le taureau est intéressant dans un premier temps permettant de séries appliquées mais répétitives. Il change de comportement et devient compliqué. Désormais avisé il ne permettra rien sur la corne gauche. Le torero écourte la faena d’une entière très bien placée. Applaudissements nourris et vuelta.

El PANA naturelle aidée par le haut EL PANA le bien nommé

Au final l’impression d’avoir assisté à une corrida mixte s’impose avec une première partie ressemblant à un festival en particulier la présentation du bétail  laquelle précéde une corrida de trois taureaux.

Remate original Molinete