MONT de MARSAN – Samedi 23 juillet  2016

Corrida des héritiers de D. José CEBADA GAGO pour Rafael RUBIO « RAFAELILLO » (rose indien et or), Curro DIAZ (rose layette à parements blancs et or) et Manuel Jesùs PEREZ MOTA (blanc et or).

     Lot composé de cinq cinqueños et un cuatreño, de présentation et d’armures diverses, de comportement globalement décevant, que ce soit à la pique ou à la muleta. Maintenant, quand le chef de lidia a décidé de se moquer du monde ….

1er(4 ans 8 mois) ; armé brochito, saute dans la cape lors d’une réception genou ployé. Après deux piques pas très belles d’Agustin Collado (1ère longue et appuyée, 2ème soigneusement pompée, les deux heureusement placées correctement), le torero nous fait une « petite » comédie pour une « petite » 3ème pique, cela pour finir par demander l’arrêt du tercio, ce que bien sûr le palco entérine sans broncher. Rien aux banderilles et nouvelle demande pour arrêter à deux paires. Cela commence vraiment bien ! Après avoir doublé rapidement son adversaire, Rafaelillo se fait « manger » à droite et pourchasser à gauche (une forme de justice immanente ?). Passes de châtiment et entière en avant. Applaudissements de compassion.

2ème(5 ans 4 mois) ; beau, emmorrillé, bien armé. Curro Diaz ne maîtrise pas la mise en suerte et son toro, entrant violemment au cheval, renverse ce dernier ; le picador Curro Sànchez est évacué de suite et l’on fait entrer son collègue José Manuel Valle, qui se fera applaudir pour deux piques correctes (3ème à la demande du public) que le toro, bien que venant facilement, subit avec passivité. 2ème tiers correct et sans poursuite. Doublé légèrement, l’animal se révèle de suite sans charge, s’arrêtant dans la passe. Pourquoi insister à droite sur quatre séries alors que le passage à gauche montre un peu plus d’allant du cornu, enfin, pas longtemps ? Entière basse et en avant d’effet rapide et salut aux tiers.

3ème (5 ans 8 mois) ; armé brocho , bien amené au centre, pousse sous une pique trasera mais sort seul de la 2ème, courte. Arrêt du tercio sur demande du matador (!) et salut (Raùl Ruiz ?) aux banderilles, le toro suivant en accélérant. Une charge vive et des derechazos cités de loin et en baissant la main déclenchent la musique, mais le travail est plus brouillon à gauche, Pérez Mota devant se replacer à chaque passe. Final par aidées tout aussi brouillonnes, entière en avant et descabello. Sifflets pour l’homme (de l’art de gâcher un bon toro …) et applaudissements pour l’arrastre après une petite demande de vuelta bien optimiste.

4ème(5 ans 4 mois) ; càrdeno bien armé, reçu par larga à genoux puis par rien du tout. Rafaelillo, après avoir fait ou laissé piquer plutôt salement son 1er toro, continue à nous prendre pour des imbéciles en ne faisant pas piquer son 2ème, faible il est vrai, comme pour se racheter : après deux picotazos pris en venant au galop, Juan José Esquivel sort donc sous une ovation pour ne pas avoir piqué. Quatre banderilles plantées en autant de passages, le toro attendant puis poursuivant les hommes. Le cinéma continue avec une faena débutée à genoux et poursuivie par un grand numéro de pico. L’animal, apparemment peu doué pour l’humour, domine l’homme et le serre, tant à droite qu’à gauche. Une série de pechos pour tenter une dernière fois de se mettre le public dans la poche et bajonazo. Silence bien poli.

5ème (5 ans 4 mois) ; un peu chico et réservé dans la cape. Il fonce sur le cheval entrant dans le ruedo et sort seul, puis fait de même  aux trois rencontres suivantes, suivies d’un picotazo après les clarines. 2ème tiers sans histoire à toro arrêté. Curro Diaz torée avec calme et application un animal qui se retourne sur lui et finit par l’attraper (coup à la poitrine ?) ; à noter quelques séries données en se croisant. Demi-lame penchée, deux descabellos et silence.

6ème (5 ans 5 mois) ; bien fait et correctement armé, ce toro nous offrira (enfin) un tercio de piques digne de ce nom, à la charge d’un picador honnête et sachant monter à cheval. L’animal, bien que tardo et devant être rapproché à la 2ème rencontre, accourra par trois fois au galop et entrera violemment dans le peto, provoquant une chute de l’ensemble équestre ; Francisco Vallejo sort sous l’ovation du public. Le toro commence à accuser le coup aux banderilles, correctes. A la muleta, Pérez Mota cite sur le pico, hurlant pour tenter d’animer un adversaire bronco, qui cherche à attraper le leurre. Grande entière portée sincèrement, longue attente et silence pour l’homme, applaudissements pour l’arrastre.

     Présidence aux ordres des hommes en piste de Nathalie Garcia, assistée de Jacques Grué et de Philippe Lalanne.

     A noter que seulement quatre picadors ont fait le paseillo ; ajouté au fait que le lot présenté avait un parfum de desecho, on peut se poser la question : Mont de Marsan est-il toujours une arène de 1ère catégorie ?