PARENTIS en BORN  – Samedi 6 août 2016

Novillada de LOS MAÑOS pour David FERNANDEZ (mauve et or), Guillermo VALENCIA (blanc et or) et Juan DE CASTILLA (blanc  et or).

Ce lot, quoique présenté correctement, n’avait pas la caste de celui présenté ici en 2015, d’où la déception générée ; de plus, c’est -pour beaucoup- le sobrero (de Raso de Portillo) qui s’est révélé le plus intéressant.

1er (3 ans et demi) : negro burraco bragado d’armure courte, assez étroite mais astifina, qui se désintéresse totalement du picador, lequel doit aller le chercher à deux reprises pour bien sûr pas grand-chose. Poursuite aux 1ère et 3ème paires de banderilles. A la muleta, un novillo soso et un novillero qui torée sur le voyage  commencent à nous endormir, tandis qu’une passe croisée à gauche, une charge un peu plus vive après quatre ou cinq séries à droite nous l’évitent. Doblones, pinchazo sans s’engager, entière tombée et applaudissements aux deux protagonistes.

2ème (3 ans et demi) : càrdeno handicapé du train arrière, changé pour un RASO de PORTILLO très armé qui cogne à deux burladeros. Après une réception par larga à genoux, nous avons cette fois un tercio de piques animé en quatre rencontres. D’abord une longue pique poussée en carioca accompagnée de grands gestes de Valencia, chacun se gardant d’aller sortir le novillo du cheval ; une pique en arrière replacée … plus en arrière ; une 3ème bien assez en arrière elle aussi ; et une 4ème sur demande du palco, « pour voir de loin », ce dont se moque le novillero en plaçant son adversaire sous le cheval. Les peones semblent se méfier aux banderilles, qui pourtant seront plantées correctement, avec poursuites et salut. Doblones et derechazos propres, puis l’animal commence à sortir distrait de la passe et finit aux planches. Faena assez courte, qui sera pourtant assortie d’un avis après trois pinchazos profonds et entière contraire en avant. Silence pour l’homme, applaudissements pour l’arrastre après une petite demande de vuelta pour la dépouille classée sans suite.

3ème (3 ans 5 mois) : fin negro bragado bien armé qui prend une pique au milieu du dos, la mobilité du cheval donnant l’illusion d’une poussée, et une autre dans l’épaule, venant du milieu après s’être fait prier, se défendant. Il coupe le voyage aux banderilles, avec pour résultat deux paires dans le flanc. Faisant d’abord face à un animal distrait et de peu de charge, De Castilla trouve le sitio sur une série de naturelles, mais change de registre (et de main) pour nous servir une circulaire inversée suivie d’une séquence tremendista et d’un desplante, le tout mal venu. Une lame qui ressort, un mete y saca et une entière en avant provoquent une légère division vite devenue silence.

4ème (3 ans 7 mois) : lourd berrendo en negro armé correctement. Rien de notable en deux piques, 1ère basse et rectifiée, 2ème après avoir dû être replacé. Fernàndez constate de suite que son opposant, pas doublé, lui vient dessus à droite puis l’avertit à gauche suite à des naturelles citées avec le pico. Des demi-passes et une série de pechos inesthétiques au possible précèdent passes de châtiment, bajonazo, deux descabellos et silence.

5ème(3 ans et demi) : cornicorto reçu par véroniques genou ployé puis debout et soignées. Deux piques légères et un arrière suivies d’un picotazo se traduisent par une ovation au picador (interrogation classique : parce qu’il n’a pas piqué ?). Banderilles correctes avec poursuite. Face à ce novillo noble et mobile, peut-être Valencia aurait-il pu se croiser un peu plus ? Toujours est-il que sa faena plaît au public qui, après mort au toril, demande et obtient l’attribution d’une oreille. Applaudissements à l’arrastre.

6ème(3 ans et demi) : càrdeno oscuro d’armure correcte qui désarme l’homme puis prend deux piques en démarrant de près bien qu’ayant été placé au centre … à la 1ère ! 1ère paire de palos avec poursuite, 3ème dans les planches et manquée. Toréant avec temple mais sur le pico, on dirait que De Castilla réussit à éteindre la charge de son adversaire par son manque d’engagement ; après une courte séquence durant laquelle cette charge se réanime, l’animal abandonne le combat et finit aux planches. Bernadinas, entière basse et en avant, petite demande de trophée et vuelta.

Présidence sérieuse de Bernard Sicet, assisté de Sylvie Baillard et de Jean-Claude De Munico.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 7 août 2016 (matin)

Novillada de EL AÑADIO (origine SANTA COLOMA) pour Manolo VANEGAS (framboise à parements blancs et or) et José CABRERA (bleu roi et or).

Ce lot, quoique loin d’être inintéressant, a « péché » par sa faiblesse, ce qui a probablement pesé sur les tercios de piques ; de plus plusieurs armures étaient astillées. Enfin, c’est le 5ème novillo lidié hors novillada qui s’est montré le plus complet.

1er : un coureur càrdeno oscuro bragado qui cogne au burladero, et qui de plus est faible. Il désarme Vanegas, s’agenouille et pousse de la corne gauche sous une pique trasera ; deux agenouillements supplémentaires mettent fin au tercio. Banderilles d’abord à cornes passées puis correctes, avec poursuite molle. Après des doblones légers, la faena se déroule au centre puis le novillo avertit l’homme à droite et cherche le toril. Le novillero l’en sort, se croise sur ses naturelles mais la charge s’amenuise et l’animal retourne au toril. Final par passes aidées, quasi-entière en arrière avec glissade sans mal et salut aux tiers.

2ème : càrdeno bragado plus discret d’armure, avec la corne droite astillée, violent dans la cape, montrant lui aussi un fond de faiblesse. Trois piques pour la forme, se rapprochant puis venant au trot. Cabrera banderille bien moyennement, avec poursuites de son adversaire. Face à ce novillo bronco, l’homme torée avec raideur et se fait promener puis dominer ; le faiblard resté violent se couche en fin de faena. Entière en avant portée en sautant et silence.

3ème : un negro d’armure correcte reçu par deux largas à genoux, véroniques et serpentines, qui prend trois piques quelconques, la 1ère avec la tête haute ; encore un picador applaudi pour (n’) avoir (que) peu piqué. Vanegas qui, manifestement, veut « son » oreille, se décide à banderiller, sans brio lui non plus. Rapidement désarmé à droite, il sert plusieurs séries de naturelles d’abord correctes, plus marginales ensuite. Pecho genou en terre et bernadinas pour finir. Entière tombée plate, oreille et applaudissements pour un novillo « de 3ème tiers ».

4ème : fin negro meano fuyard, avec la corne droite en pinceau. Il soulève le cheval à la 1ère pique, pompée et trop longue, effectue une vuelta de campana et bien sûr reste statique à la 2ème. Banderilles diverses de Cabrera, avec une 1ère paire exposée suivie d’un raccompagnement aux planches dans les règles. A la muleta, malgré la volonté de l’homme, le novillo charge par à-coups, s’arrête dans la passe, bref se montre « pas franc du collier » et cherchant le mauvais coup. Cela n’est guère mieux à gauche, et retour à droite pour finir dans les planches. La mise à mort est laborieuse avec pinchazo, trois quarts de lame penchée, cinq descabellos avec démarrages, deux tiers de lame basse et descabello. Deux avis et silence.

Présidence en forme « d’alternative » de Jean Nevière, solidement épaulé d’assesseurs expérimentés, Bernard Sicet et Pierre Noguès.

Le 5ème novillo de l’envoi, qui s’est bien abîmé les cornes lors du débarquement, sera lidié hors novillada à la demande de la ganadera, donc sans présidence et sans sonneries pour les changements de tercios. D’abord intéressé par le callejon, l’animal, lidié par Vanegas, prend deux piques en poussant, 1ère carioquée, 2ème moins spectaculaire. Banderilles à la charge de Cabrera, avec poursuite. A la muleta, Cabrera toujours torée un novillo noble et qui met la tête, même si la corne gauche est moins commode. Quasi-entière en avant.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 7 août 2016 (après-midi)

Novillada concours pour Jesùs CHOVER (fraise et or), Miguel Angel SILVA (bleu terne et or) et Gerardo RIVERA (turquoise et or).

1er : PARTIDO DE RESINA (3 ans et demi) ; càrdeno oscuro bragado armé correctement, domine Chover au capote. Nous assistons alors à un tercio de piques en trompe l’œil : 1ère en place et courte, 2ème en sortant seul, 3ème en venant de loin et manquée, 4ème al regaton encore manquée, et Daniel Lopez est applaudi pour une petite pique et un picotazo. Banderilles diverses du novillero, avec poursuite à la 1ère paire. Après des doblones légers, l’animal vient de loin et désarme l’homme à la 3ème série de derechazos puis le domine à gauche, l’obligeant à reculer. Pinchazo, entière verticale en avant portée a recibir (non prévu), deux descabellos au toril, avec démarrages, silence et applaudissements à l’arrastre.

2ème : SANTA TERESA (Gamero Civico par Guardiola Soto, 3 ans 9 mois) ; con trapio et armé large. La remarque « al revés » lancée par un spectateur pour dire qu’il a vu la pique montée à l’envers suscite des réactions diverses du public, y compris je pense de la part de ceux qui n’ont aucune idée de ce que cela veut dire. 1ère pique manquée et placée en arrière après contact, 2ème et 3ème (prise en secouant) encore plus en arrière et arrêt après avoir mis le peon de brega en difficulté et refusé de venir pour la 4ème (Matias Rodriguez). Arrêt du 2ème tiers à deux paires après un loupé pour la 3ème. Avec un novillo et un novillero dont on se demande qui est le plus fade (le premier dominant tout de même le second), la faena paraît bien longue ; seulement deux demi passes en reculant à gauche. De nouveau un long moment passé pour cadrer l’animal, deux tiers de lame penchée et en avant, avis et silence ; arrastre applaudi, je me demande toujours pourquoi …

3ème : COUTO DE FOURNILHOS (Conde de La Corte par Atanasio Fernàndez, 3 ans et demi) ; negro d’armure correcte, qui vient bien au cheval et en sort tout aussi bien. 1ère pique en soulevant l’ensemble équestre, 2ème en revenant seul, 3ème placée en arrière, 4ème placé trop près (Juan Manuel Sangüesa). 2ème tiers « d’enfer » avec une cuadrilla à la dérive : nombreux capotazos pour placer le novillo et personne au quite après les poses du novillero, plutôt quelconques d’ailleurs, le tout au milieu des poursuites du novillo. Après les doblones d’entame, c’est l’animal qui prend les commandes du combat, démarrant quand il le veut et chargeant avec rapidité. Entière en avant spectaculaire : le novillo bondit au contact de l’épée puis raccompagne l’homme aux planches avec celle-ci dans le corps. Avis, oreille sur demande limite et applaudissements à l’arrastre, cette fois plus justifiés.

4ème : MONTEVIEJO (Vega Villar par Encinas, 3 ans 5 mois) ; imposant berrendo en negro lucero dont la corne droite est abîmée, qui montre de suite sa faiblesse et est changé (D. Victorino Martin hijo aura donc fait le voyage pour rien …) pour un LOS MAÑOS (arrivé dans la nuit), negro playero armé court. Reçu par larga à genoux, il vient au galop et pousse tête basse sous trois piques en place de José Vicente Sanz, qui sort sous l’ovation du public. Banderilles correctes, sans poursuite. Chover débute sa faena au centre par deux passes à genoux puis tente de citer de loin un novillo qui ne vient pas ; la suite sera composée d’allers et retours entre le toril, terrain de prédilection de l’animal, et les medios, où essaie de le contenir le novillero. Mise à mort longue et pénible, avec six pinchazos portés par la bordure, un 7ème après que le novillo ait attrapé le puntillero en se relevant, deux descabellos et un nouvel échec du puntillero. Deux avis et légère bronca, arrastre applaudi.

5ème : VALDELLAN (3 ans et demi) ; negro meano liston d’armure moyenne, encore mal piqué (au milieu du dos, par Antonio Puerta) en quatre rencontres, dont trois en sortant seul : 1ère trop longue, en poussant ; 2ème, tardo, distrait par les pénibles qui chantent côté soleil, remis en suerte sous le cheval ; à la 4ème, le picador va le chercher sans même avoir pris la peine de le citer correctement ! Banderilles à cornes passées, sans poursuite. La faena se passe, sur le voyage, avec un désarmé à gauche provoquant le retour à droite ; le novillo finit aux planches. Quart de lame en travers au toril, entière basse et penchée, avis et silence. Nouveaux applaudissements surprenants à la dépouille.

6ème : RASO DE PORTILLO (3 ans 2 mois) ; haut negro bizco qui cogne au burladero à deux reprises (l’aurait-on « aidé » ?) et ainsi se fend la corne droite. La 1ère pique (Juan Agudo), dans l’épaule, est replacée de suite ; la 2ème, sortant seul, suit une mise en suerte des plus laborieuses ; la 3ème n’apprend rien de plus. Le 2ème tiers, long, se termine avec cinq banderilles et deux capes au sol. A la muleta, Rivera cite son adversaire sous le mufle dans une faena électrique, sur le voyage, leurre accroché à gauche et avec dominio … du novillo. Deux pinchazos, bajonazo, avis et silence. Et bien sûr, applaudissements à l’arrastre pour finir dans la continuité.

Présidence sérieuse de Bernard Sicet, assisté d’Ellen Dulau et de Pascal Darquié.

Prix au meilleur picador : José Vicente Sanz (qui a piqué le 4ème novillo).

Prix au meilleur novillo      : non attribué (?, ce qui me paraît normal, mais pas d’annonce).

 

Un bilan en demi-teinte pour cette Feria de Parentis en Born 2016 :

  • Avant tout, mettre son temps et sa passion pour monter une feria en allant chercher des élevages peu ou jamais vus mérite d’être salué ;
  • Essuyer les refus de certains novilleros ne simplifie pas les choses ;
  • Subir le mauvais vouloir de picadors qui se moquent totalement du public, des éleveurs et des organisateurs non plus ; et quand certains peones appellent sciemment le novillo, de plus par la droite du cheval, c’est encore mieux ; à côté de cela reconnaissons que le traçage de la piste pour les piques n’incite pas le picador à se placer face au toril ;
  • Si cela est possible en terme d’espace, avoir les clarines au palco permettrait d’éviter attente et incompréhension avec la banda « du soleil » ; cela éviterait peut-être aussi quelques sonneries pour le moins surprenantes au 6ème novillo … Reconnaissons cependant à cette banda le mérite d’attendre la sortie du train d’arrastre pour commencer à jouer ;
  • Enfin, il faudrait faire quelque chose vis-à-vis des pénibles, toujours côté soleil, qui hurlent et chantent à tout propos bien que l’on ait pris la peine d’expliquer avant le paseillo, à eux comme aux autres, que le tercio de piques demande un minimum de calme pour se dérouler correctement.