PARENTIS en BORN  – Samedi 9 août 2014

Novillada de GUARDIOLA FANTONI pour Diego FERNANDEZ (vert prairie à parements blancs et or), CURRO DE LA CASA (carmin à parements blancs et or) et César VALENCIA (bleu et jais).

Un beau lot de novillos. Le 1er, faible, nous a fait craindre pour la suite ; le 2ème a montré son attrait pour les planches, voire pour le toril, mais les quatre suivants ont montré, eux, leur caste, avec plusieurs tercios de piques spectaculaires. Et dire que cet élevage risque lui aussi de finir à l’abattoir …

1er negro bragado calcetero lucero armé large, coureur et faiblard, protesté pour boiterie. Il prend néanmoins au galop une pique vrillée, revient, sort à genoux et, remis en suerte dans les raies, prend une 2ème pique levée de suite. On se demande encore l’intérêt du quite interminable de Curro de la Casa … 2ème tiers lui aussi bien long, avec poursuites molles. Auteur un tanteo distant, Fernàndez se fait désarmer puis promener. Il sort son adversaire des planches, constate qu’il s’est figé, abrège et tue laborieusement en deux fois un quart de lame bas et vertical et de ¾ de lame tout aussi laide. Mort au toril et quelques applaudissements.

2ème negro meano armé court, pas fixé à l’entrée du picador. La longue (non) mise en suerte finit sous le cheval pour une pique poussée, le novillo revient puis montre son attirance pour le toril ; la 2ème pique (avec appel du peon !) est brève et la 3ème, en venant du centre mais au pas, sans relief. Poursuite irrégulière aux banderilles. Le novillero amène son opposant au centre et réussit à lui « voler » une série en l’empêchant d’aller aux planches ; après lui en avoir concédé une autre près des dites planches, il l’en sort de nouveau pour une 3ème plus liée, mais finissant en poursuite. La musique, lancée on ne sait pourquoi, accompagne la 4ème, aux planches encore, soldée cette fois par désarmé et quasi accrochage. Quant à la brève tentative à gauche, elle se traduit par la corne envoyée au visage. Bajonazo pour en finir, silence pour Curro qui a eu l’honnêteté de ne pas renoncer et applaudissements déplacés à la dépouille : comprenne qui pourra …

3ème : un negro bien armé qui enferme l’homme dans les planches et lui saute au visage ; Valencia reprend la maîtrise des choses. Le novillo, venant du centre, soulève le cheval et n’est pas loin de le renverser, puis reste collé ; placé plus loin, il pousse, désarme un peon et revient ; tardo et perturbé par les braillards placés derrière lui et qui trouvent spirituel de faire écho à l’appel du picador, il revient au galop et en accélérant pour une 3ème pique symbolique. Il suit au 2ème tiers, avec une 1ère paire à cornes très passées et une 3ème risquée. Désarmé au 2ème doblon, le novillero aguante un animal à charge d’abord franche puis plus brusque, se faisant serrer à droite ; à gauche, il essuie un avertissement sans frais et subit un nouveau désarmé après un démarrage brutal du novillo, devenu tardo. Le retour à droite est aussi peu concluant, et l’homme en termine par un pinchazo vertical suivi d’une entière en place. Le palco ne suit pas la demande de vuelta au novillo -il est vrai qu’il est allé a menos au 3ème tiers- et le public oublie de nouveau de faire saluer le novillero, au moins pour sa vaillance.

4ème : lourd negro bragado d’armure moyenne, coureur et réticent dans la cape. Il fonce sur le cheval pas encore en place et l’envoie cogner aux planches pour une pique mal placée en trois trous, échappe aux hommes pour deux autres piques en sortant seul et enfin en prend une 4ème ; il continue à faire tout ce qu’il veut aux banderilles, avec une 1ère et une 3ème paires correctes. D’abord de charge claire, il conduit tout doucement Fernàndez aux planches, baisse de ton à la 3ème série de derechazos et sort distrait de la passe sur une série de naturelles profilées. Echec à l’estocade avec deux fois un tiers de lame mal placée, d’abord dans l’épaule puis très en avant, et trois descabellos au toril avec démarrages et désarmés ; trois avis dont, m’a-t-il semblé, le 1er en retard et le 2ème en avance. Le novillo est puntillé au burladero. Sifflets pour le novillero et nouvelle pétition de vuelta pour l’arrastre, de nouveau non accordée.

5ème : beau negro bragado qui désarme de suite le novillero, lequel se reprend pour une belle réception par véroniques pieds joints et demie. Deux piques brèves avec poussée et une 3ème bien en arrière ; le picador est applaudi (pour avoir peu piqué ?). 2ème tiers correct. Après une entame par statuaires au centre, l’homme cite de loin, essuie un avertissement sérieux au 2ème derechazo puis évite de peu l’accrochage sur le pecho, se faisant néanmoins désarmer. A gauche, nouveau désarmé en sortant son novillo des planches. Au milieu de tout cela, il oublie de baisser la main et se fait prendre en citant avec la muleta torchonnée. Nouvel accrochage sur une passe aidée aux planches, où l’animal est revenu. Mise à mort épuisante avec deux fois 1/5ème de lame, entière en avant et cinq descabellos au toril, entrecoupés de démarrages. Après deux avis, le novillo tombe à la limite du 3ème. Applaudissements aux deux protagonistes.

6ème : beau berrendo en negro armé large, reçu par deux faroles à genoux. Envoyé au cheval sans mise en suerte, le novillo prend une pique en place levée de suite, va au toril, s’échappe pour une 2ème et enfin revient à deux reprises du point opposé de la piste ; cela fait donc en tout quatre piques, peu appuyées. Valencia banderille lui-même son opposant, en trois paires correctes avec poursuite. Arrive la pluie, qui manquait jusqu’ici ; Valencia se fait prendre à la cuisse sur une passe changée au centre puis sert une faena correcte, un peu superficielle, achevée par bernadinas. Une entière basse et en avant déclenche beaucoup de bruit, qui lui-même aboutit à l’octroi de deux oreilles généreuses ; le novillero associe le mayoral à sa vuelta. Nouvelle demande de vuelta pour la dépouille du novillo, tout aussi infructueuse que les deux précédentes ; et pourtant, peut-être que pour l’ensemble du lot … ?

Présidence : Didier GODIN, pas toujours bien inspiré, ou timoré dans ses décisions.

NB : j’ai renoncé à compter le nombre de capes et de muletas qui ont volé au cours de cette course.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 10 août 2014 (matin)

Novillada du Sr Marqués de ALBASERRADA pour Tulio SALGUERO (vert pistache et or) et Daniel CRESPO (framboise et or).

Bien présentés, ces novillos ont animé des tercios de piques intéressants à défaut d’être bien menés. Malheureusement, tous ont montré de la faiblesse à des degrés divers et une certaine fadeur à la muleta. Souhaitons au mayoral Fabrice Torrito de pouvoir poursuivre son travail de reconstruction de cet élevage, avec sa passion et son courage, en ayant surtout les moyens de le faire.

1er : negro bien armé, remate aux planches. Il sort affaibli après avoir poussé sous une longue pique en arrière puis, tardo, vient du centre et bouscule le cheval à la 2ème et enfin effectue une vuelta de campana sur le quite. 2ème tiers correct avec poursuites molles. A la muleta, il s’affale d’entrée puis, rapidement, se met à charger au pas. Salguero sert une faenita légère, sur le pico et met beaucoup de temps à comprendre qu’il nous ennuie et qu’il faut en finir ; rien ne nous aura été épargné avec ses bernadinas finales. Pinchazo profond, entière en avant et applaudissements clairsemés.

2ème fin negro zaino, avec le piton gauche abîmé. Une pique manquée de Juan Agudo finit en carioca en arrière, une 2ème, tardo mais venant au galop, courte et correcte et enfin une 3ème « pour voir ». Banderilles correctes. Après doblones, Crespo réalise trois séries à droite correctes mais sans se croiser ; suit une longue séquence à gauche, donnée sur le pico et en perdant du terrain malgré la noblesse du novillo. Deux tiers de lame dans l’épaule et quelques applaudissements pour le novillero, en-dessous de son adversaire, lui aussi applaudi, et plus franchement.

3ème beau negro, remate quatre fois, avec une charge vive. Mise en suerte au centre pour la 1ère rencontre (!) : la pique est placée dans le morillo et replacée de suite plus en arrière (intéressant, non ?) ; le novillo chute à la sortie puis soulève le cheval à la 2ème. A noter qu’un peon est resté à droite du picador durant la suerte. Banderilles correctes, sans vraie poursuite. L’animal tombe de nouveau en début de faena, fléchit à chaque passe et se défend. Salguero usant at abusant du pico, des i bieeen ! moqueurs montent du public, accompagnés de quelques « màs pico » bien sentis. Entière en place et applaudissements.

4ème autre beau negro fin et bien armé qui déborde Crespo à la cape. Il pousse sous une pique pompée, vient au galop pour une autre plus brève, et en prend une 3ème plus neutre. Toujours ces poursuites molles aux banderilles. A la muleta, le novillo met la tête mais montre aussi ce fond de faiblesse tandis que le novillero nous sert toujours ce pseudo toreo froid, marginal, sans engagement, sans émotion, sans rien, sauf l’ennui. L’animal devient soso, se réserve et finit pourtant par dominer l’homme. Conclusion grandiose avec trois pinchazos dans le cou en passant par le large et ¾ de lame basse et en avant. Silence.

Présidence sérieuse de Bernard SICET.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 10 août 2014 (après-midi)

Novillada d’Hubert et Françoise YONNET pour Luis GERPE (bleu électrique et or), Juan MILLAN, remplaçant Vicente SOLER, blessé (vanille à parements jais et or) et Guillermo VALENCIA (noir et jais).

A la fin du paseillo, un hommage est rendu à M. Hubert Yonnet, récemment décédé.

Lot bien présenté, souvent spectaculaire au cheval et posant nombre de difficultés aux novilleros, manifestement peu préparés à affronter ce bétail mal commode et surtout pas « collaborateur ».

1er : long negro armé large, pousse sous une pique en place, revient et en prend une 2ème, sans mise en suerte, dans l’épaule et replacée, puis fait sauter la 3ème. 2ème tiers rapide. Après des doblones peu appuyés et montrant des retours sur place, Gerpe torée par naturelles citées de profil et se fait soulever sans mal apparent sur le pecho. Retour à droite par passes isolées. Entière plate, en avant et suffisante. Ovation contestée et applaudissements à l’arrastre.

2ème : negro bragado amaigri et très armé. Une pique en arrière et vrillée, une autre au milieu du ruedo, une 3ème en s’échappant au cheval puis y revenant seul. L’animal est difficile à banderiller : quatre palos seront cloués en quatre passages entrecoupés de poursuites. Confronté à une charge vive et ne baissant pas la main, Millan s’en sort à peu près à droite et moins bien à gauche ; de ce fait, il revient vite à droite et conclut d’une entière basse d’effet rapide. L’arrastre est applaudi et suit un grand moment : alors que dix personnes le demandent, le novillero sort du burladero, prétend faire une vuelta et a le bon goût d’y renoncer de suite.

3ème : charpenté, avec un morillo proéminent, bien armé. Placé au centre, il entre violemment dans le cheval puis reste passif ; placé plus près, il prend une 2ème pique correcte et brève et enfin, encore plus près (serait-ce la transposition à la lidia des toros de la défense inversée chère au rugby moderne ?), il revient pour la 3ème, au milieu du dos et enlevée de suite. Et de nouveau quatre banderilles, posées en trois fois. Dominé à gauche dès les doblones, Valencia se fait désarmer puis promener à droite. Pris et repris à la 2ème série de naturelles, il est évacué et Gerpe termine (mal) l’ouvrage avec quatre mete y saca et entière basse ; le novillo résiste longuement, appuyé sur les postérieurs et bouche fermée. Applaudissements au novillo et à l’homme.

4ème : magnifique negro, haut et bien armé. Il soulève cheval et cavalier sous une longue pique trasera et carioquée, est envoyé par le peon depuis les raies puis revient pour la 3ème, en arrière. Banderilles à cornes passées, extraño au peon de brega déjà pas à l’aise et une 3ème paire correcte, avec poursuite et salut. Millan voit son novillo lui sauter au visage à la 2ème série de derechazos puis l’avertir à droite. Essuyant encore des retours secs à droite, il opte pour des bernadinas et conclut par mete y saca, pinchazo profond et entière tombée d’effet rapide. Oreille sur pétition minoritaire, mais au moins, le novillero a fait ce qu’il a pu …

5ème : un peu efflanqué, bien armé. Réception variée par véroniques, chicuelinas et revolera. Le novillo ne montre rien au cheval en trois rencontres, les deux premières en allant au cheval sans avoir été arrêté. 2ème tiers rapide, avec poursuite. Après avoir désarmé le novillero, l’animal commence à s’arrêter dans la passe , revient sur lui lors de naturelles prudentes et le conduit tranquillement au toril. Final par statuaires et passe du mépris, entière tendue suivie de huit descabellos, avis et silence.

6ème : armé court mais large, il accélère en arrivant au cheval et le soulève, prend une 2ème pique en place puis, mis au centre, se rapproche, cogne et revient ; applaudissements au picador. Poursuite aux (quatre) banderilles plantées. Mobile dans la muleta, il devient vite distrait ; une série à droite déclenche la musique, le passage à gauche est peu convaincant, le retour à droite se solde par un désarmé frôlant l’accrochage et la 2ème tentative à gauche n’apporte rien de nouveau … Entière plate en avant portée au ralenti ; avis, oreille et applaudissements à l’arrastre. Valencia associe son picador et le mayoral Olivier Faure à la fin de sa vuelta.

Présidence : Enrique Villegas (club Cocherito de Bilbao).

Un commentaire sur ce final, semblable à celui d’hier : cette façon de mélanger vuelta du torero et vuelta tronquée du mayoral, comme tout mélange des genres, est pénible. Serait-ce pour les toreros une façon de « tirer la couverture à soi » en limitant la manifestation du succès de l’éleveur ou de son représentant, dans le genre « Au moins, ça, c’est fait ! » ?