Sentiments contrastés d'une virée toriste pour la Saint Mathieu

 

Les Adolfo à Nîmes, des Dolorès à Vic Fezensac. Solo de Sébastien Castella à Nîmes, trio de novilleros américains à Vic Fezensac. Un geste toriste à Nîmes, un classique toriste à Vic Fezensac. Des taureaux décevants à Nîmes, des novillos de feu à Vic Fezensac. Un sentiment mitigé à Nîmes, satisfaction totale à Vic Fezensac. Des points communs : la sincérité des quatre diestros et la présentation irréprochable du bétail.

 

Nîmes samedi 17 septembre 2016 - 6 Adolfo Martin 6 - pour Sébastien Castella

L'arène est quasi pleine quand sonnent les clarines, le temps est au beau, le vent peu violent. Présidence : Mrs Burgoa, Crudo et Aigon.

Brindis à Fernando Botero puis Pablo Linarès.

Le bétail présenté est dans le type Albaserrada, a de la tête et est de poids homogène ( de 505 à 533kg).

Les déceptions : le comportement des taureaux, mous, de petite noblesse et de peu de charge limitant les possibilités de dominer et de briller. Manque de caste et de bravoure d'où des tiers de piques tronqués limités aux 2 rencontres réglementaires sauf le quatrième Aviador qui entrouvira la boîte à émotion et le manso sorti en 6ème position. Le public qui n'a compris ni le travail réalisé au troisième bicho ni le tiers de pique servi au sixième manso. Les 4 désarmés à la muleta. Les problèmes à l'épée rencontrés par Sébastien Castella qui a toujours estoqué avec sincérité et bien dans le berceau perdant 2 trophées de ce fait.

Les satisfactions : l'esprit supportant une telle programmation, la fréquentation des arènes sur la réputation de Castella et pour le défi qu'il s'est lancé. Le comportement du maestro qui a montré une assurance de tous les instants sans jamais céder à la menace en servant des séries de qualité sur les deux mains ; il a fait ce qu'il avait annoncé : toréer avec lenteur mais le bétail manquait de nerf. Le tiers de pique servi à Aviador, en particulier placé au centre pour le troisième assaut, l'équipage de Gabin Rehabi étant à la présidence pour poser sobrement une pique dans les règles de l'art. La dignité de Sébastien qui, visiblement déçu, refusera la sortie a hombros que lui autorisait les 2 trophées acquis.

   

Vic Fezensac dimanche 18 septembre 2016 – 6 Dolorès Aguirre 6 – pour Manolo Vanegas, vénézuelien, Juan de Castilla, colombien et Gerardo Rivera, mexicain

Environ 1800 personnes occupent les gradins quand quatre gouttes menacent le public. Le temps restera menaçant sans passer à l'acte, le soleil revenant au 5ème combat. Présidence : Thomas Thuriès assisté notamment de Vincent Couture avec un salut particulier aux clarines.

Les déceptions : aucun quite et pas de pose de banderilles par les novilleros, mais on peut l'admettre compte tenu du caractère de l'opposition.

Les satisfactions : la présentation des novillos, bien en pointe, dont plusieurs exemplaires devaient dépasser les 500 kgs. Les cuadrillas très professionnelles qui ont dû s'employer. Le comportement des novillos, tous mansos, braves an cheval et tous morts au centre de l'arène, ils ont humilié mais aussi beaucoup pesé sur les hommes. Les tiers de piques (20 piques au total) ont mis à l'épreuve la cavalerie Bonijol. Les estocades très engagées même si elles n'ont pas toujours été concluantes au premier envoi. Les applaudissements à l'arrastre pour 5 novillos sur 6. Le brindis de Vanegas aux jeunes enfants assistant les chevaux de pique.

Manolo Vanegas a montré qu'il avait du métier, de l'engagement et du courage, il sort vainqueur de la tarde. Ayant bénéficié du meilleur lot, il coupe un trophée à son premier et le perd à son second, moins présent, tué en 2 envois et relevé à la puntilla.

Juan de Castilla a un comportement plus physique ce qui convient à ce type d'adversaire mais nuit à l'esthétique de sa gestuelle. Il réussira à intéresser son premier à la force du poignet après qu'il ait renversé l'équipage et franchi le cheval resté au sol. Á noter le final fait de passes aidées par le haut. Son second plus noble sera relevé à la puntilla bousculant le péon après 2 épées. Salut au tiers.

Gerardo Rivera recevra le sixième novillo en troisième position ce dernier refusant de sortir des chiqueros. 3 « bouchons » dans le caparaçon suivis du salut des banderilleros dont Adalid avant le combat rendu dangereux par les retournements sur place et interdisant la moindre série sur les 2 bords. Applaudissements à l'arrastre mais silence pesant  pour le jeune postulant! Il ne pourra rien à son second qui ne quittera jamais le centre et se révélera intoréable parce que dangereux. Échec d'Adalid aux banderilles. Un cas d'école du taureau querencioso qui mourra au centre d'un bajonazo compréhensible.