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Sergio est un seigneur, comme L' hollandais.

Bayonne, pas de fêtes mais tout le monde sur les quais, énième ‘’Pedrazade’’ de Juillet.

Soyons clairs, les deux Ignacio ne doivent pas s’attendre a des miracles, mais une chose est sûre c’est que dans chacune des courses vues, il y a au moins deux toros qui peuvent servir. Encore faut-il que les piétons sachent et aient l’envie de le faire.

Daniel Luque, qu’ici le public appelle ‘’DANI ‘’ est entré en piste avec la tête des mauvais jours, le sorteo ? tu crois ? On ne lui aurait pas piqué son goûter plutôt (pas le chien hein ?) Comme dit Jeanne ma petite fille.

Les contrôles en tout genre étant réalisés, assis enfin sous un soleil bienveillant, la course peut commencer.

Dani, nous a donc fait le métier, deux mammouths mous et lourdauds, étouffés, à l’entame. Le premier tangue, on dirait le père Lagarrigue de mon enfance quand il rentrait de sa partie de jeu de quilles, il marche en crabe…pas fou le bestiau, il se fait passer pour ce qu’il n’est pas, histoire de se tirer de ce mauvais pas ou on l’a mis…mouchoir vert, sort une baleine, qui fait illusion 22 secondes et 36 centièmes comme me le dit un copain jury à Tokyo en ce moment.

Son second, est encore pire, sifflets et huées, comme le dit Francis, le chantre de Brigitte…je ne pensais pas qu’on puisse s’amuser autant autour d’une tombe…en bas Ignacio vient de descendre de 15 centimètres derrière le burladero.

Parlons vite d’Adrien Salenc, le garçon que j’ai croisé, est un amour de type. Souriant, franc du collier, simple et avenant, facile d’accès. Il est jeune, beau garçon et sans doute une sorte de gendre idéal. Il brinde son premier toro a Rafael Canada dans les gradins, comme a Mont de Marsan, om croisera aussi Dufau et son adducteur déchiré.

Adrien m’a beaucoup énervé, en tant que Novillero, il a appris beaucoup de trucs, mais torée plus souvent le public que le toro, et ça marche. Comme beaucoup on l’impression d’être son ami, ça marche encore plus, et comme il est protégé dans le coin, on a eu tendance aussi a lui offrir des trophées assez facilement.

Hier soir, il a touché un toro majuscule. Appelez Alexandre Astier, dites-lui de ne pas chercher le graal, il est là, sous nos yeux. Le vrai, celui des chevaliers des pierres du campo.

Je vais vous dire mon sentiment, Adrien n’a pas démérité, mais il a été très en dessous de ce toro sans toutefois faillir. Il a été trop précipité, scolaire, électrique. Comment vous dire, vous savez, vous êtes dans un trois étoile et le plat référence du chef de l’année vous arrive, votre voisin qui a le même, rote, mange avec les doigts, et avale tout rond en se gavant de coca cola quelque chose comme ça.

Ce toro nommé Holandero pèse 562 kilos, est né en novembre 2016 et déborde de classe, de bravoure, de caste et de noblesse. Je connais beaucoup d’endroits où il aurait été gracié, hélas et moi qui suis quasi-psycho rigide sur les indulto, je pense que ce Holandero méritait la grâce et c’est là le hic.

Salenc malgré sa bonne volonté et son sérieux, jusqu’à l’épée sera toujours un ton en dessous. Il prendra deux oreilles, et le toro n’aura droit qu’a une seule vuelta. Il est des injustice jusqu’au monde des toros.

Qui joue du Mozart, n’est pas Mozart.

Sergio, le beau Serge, Flores, un torero mexicain qui sait tout faire, le fait plutôt bien, et l’ayant vu à plusieurs reprises, dont je suis devenu un soutien inconditionnel.

Ce que j’aime chez lui, c’est l’impromptu, vous savez il me rappelle dans un autre domaine le Beau Serge du rugby, Blanco.

Tous ceux qui l’ont joué, avec ou contre savaient qu’à n’importe quel moment il pouvait faire n’importe quoi, crochets foudroyants, contre-attaque du fond de l’en-but, feinte de passe, accélération etc…

L’autre Serge, Flores donc…vous suivez hein ? Ben lui, c’est pareil, il te sort des passes du fond de Tlaxcala ou il est né, inattendues, florales, aériennes et parfois surprenantes. Il re- invente ce toro qui n’avait pas de fond…il est à l’établi, sculpte, crée, travaille la matière, l’œuvre prend corps, une épée sincère, et hop une oreille.

A son second, toro brouillon qui change en cours de faena, mais qui sort comme une boule de flipper, il pègue une série de chicuelinas hallucinantes, et inattendues…puis il nous gratifie de Bernardinas, de Molinetes, les vraies celles de face sans tourner le cul, puis une série à droite, un million de papillons aztèques se posent sur la muleta du maestro, un gout de fraîcheur de tequila, ou de Pisco vert, celui que m’a offert l’ami Gaston Ramirez Cuevas, regarder ce maestro toréer c’est voyager au loin, là-bas au son des mariachis. Son poignet fluidifie le courant impétueux, une Samba Pa Ti comme le joue l’ami Carlos Santana. Mais voila a toro changeant il est difficile de trouver la bonne distance.

L’épée tarde un peu à être efficace, l’oreille ne tombera pas. Mais quel régal, s’il vous plait si vous connaissez des organisateurs dites leurs qu’il existe d’autres toreros que ceux du circuit traditionnel, Sergio, lui c’est une seigneur.

CHF