« Des sabots et des piques »

C’est ainsi que l’on pourrait résumer la féria 2016. En effet de nombreux toros ont perdu leurs sabots au cours du combat (excepté lors de la corrida concours).

Les piques furent à l’honneur : 54 durant les trois courses (si l’on occulte le dimanche matin) ce qui constitue sûrement un record. Le temps fut dans l’ensemble frais et agréable, le public nombreux. Deux blessés ont rejoint l’infirmerie : Cesar VALENCIA assez grièvement et PACO URENA beaucoup moins. Cette année restera celle du toro brave, à la présentation irréprochable. Hélas, la plupart des piques ont été données en dépit des règles élémentaires. Imaginons que ce tercio soit correct et avec des toros de respect, la vie serait un long fleuve tranquille.

Samedi 14 mai       BALTASAR IBAN

RAFAELILLO blessé remplacé par CURRO DIAZ – MORENITO de ARANDA – JUAN DEL ALAMO

L’élevage fit preuve de bravoure (16 piques) et souvent de noblesse. Le public remplissait aux 3 /4 les arènes.

CURRO DIAZ par son métier plus affirmé salua à son premier et coupa une oreille au second grâce notamment à ses très belles naturelles de face.

MORENITO de ARANDA ; il se mit en valeur grâce à des trincheras remarquables. Sa faena des deux côtés se termina par 3 pinchazos et 1/3 de lame.

Son 2e Colorado prit 4 piques dont un regaton. Bonne faena des deux côtés. Une entière. Une oreille.     

JUAN DEL ALAMO : son travail de cape fut correct. Le toro supporta 3 piques. Hélas l’animal boita et le matador dut abréger. 1/2 tendida.

Dimanche 15 mai       Corrida Concours

Corrida authentique avec des toros très bien présentés. Les arènes étaient remplies aux 4/5 ; malgré les nuages, tout semblait bien se présenter

Luis Miguel ENCABO : il hérita d’un Manuel Qunites RESINES qui prit quatre piques mais s’éteignit ensuite. Le Martinez Pedres Hermanos supporta aussi quatre piques mais le combat manqua de relief et se termina par une demi-lame, 2 descabellos et un salut.

Javier CORTES : « LOS MANOS », l’animal se nommait «SALTA CANCELA », magnifique, « cardeno entrepelado bragado » ; il alla trois fois à la pique, plus une 4e de tienta. Les premiers derechazos sublimes permettaient des lendemains qui chantent. Hélas la corne gauche ne fut pas à la hauteur et après une entière basse CORTES effectua une vuelta avec Gabin Rehabi et le toro.

Avec le FLOR DE JARA qui prit 4 piques, nous retiendrons la paire de banderilles de Molina Lopez qui salua.

Thomas DUFAU: Hoyo de la Gitana: 4 piques. Après une faena classique il salua.

PEDRAZA DE YELTES. 3 piques, même faena et salut. Thomas mérite tout notre respect mais il semble réciter sa leçon. Peut-être manque-t-il de profondeur ? 

Dimanche 15 mai       18 h : 7 toros de VALDELLAN

Le 6e qui a eu des problèmes de sabot a été remplacé par un animal du même élevage.

21 piques. Il s’agit ici d’une course de toros.

Domingo LOPEZ CHAVES : il a été un bon chef de lidia, toujours attentif et sachant parfaitement diriger sa cuadrilla.

Après une « larga de rodilla » à son premier et 4 piques, il brinda son toro au public. Sa faena par doblones et ensuite des deux côtés lui permirent d’obtenir une oreille.

Au 4e, il connut quelques difficultés et après deux pinchazos et une entière ce fut le silence.

Il remplace VALENCIA au 6e et en professionnel se contente de gérer les affaires courantes d’une 1/2 lame.

José Carlos VENEGAS. Après quatre piques et une très belle 3e paire de banderilles (Adalid) le matador eut la malchance de voir son toro se blesser au sabot gauche. Silence.

Au 5e son travail fut varié, ses gestes précis et gracieux. Après un avis et une entière il salua dans un premier temps et effectua ensuite une vuelta.

CESAR VALENCIA : après une « larga de rodilla » son travail de muleta par la suite fut correct mais plusieurs pinchazos et une 1/2  se concluront par un silence.

Le 6e à la suite d’une boiterie fut remplacé par un violent VALDELLAN qui eut raison de César pris au sol et amené à l’infirmerie pour une grave blessure.

Lundi matin 16 mai

Très belle N.S.P. du LARTET pour ROMERO – CISSE – LAGRAVERE

CISSE : une oreille. LAGRAVERE : primé.

Lundi après-midi

Six toros de VICTORINO MARTIN ANDRES

« La terreur est dans le pré »

Manuel ESCRIBANO : silence – silence – applaudissements.

Paco URENA : silence – infirmerie.

Manuel Jesus PEREZ MOTTA : quelques applaudissements – 2 avis – silence.

Il y a bien longtemps que les  « Victorinos » n’avaient été aussi effrayants ! Nos trois vaillants matadors ont eu du mérite. Mais en ce jour, point d’oreille, point de vuelta, point de salut, uniquement de la peur et de l’angoisse.

Manuel ESCRIBANO : 3 piques au 1er puis pose honnête des banderilles. Il est rapidement dépassé à la muleta et conclut par des descabellos.

Paco URENA : 3 piques. La faena brindée au public s’initia par doblones. Le combat s’annonçait intéressant mais s’acheva rapidement par 3 descabellos après une blessure à la cuisse de Paco.

Manuel Jesus PEREZ MOTA. Le Victorino avait un trapio magnifique. Manuel fut très bon à la cape et brinda la faena au public, mais il fut rapidement débordé et le combat se termina par un bajonazo.

Le 4e permit à Manuel ESCRIBANO de s’affirmer avec la cape. Hélas le Victorino perdit son sabot et une demi-épée mit fin au combat.

PEREZ MOTTA hérita du 5e « bisco ». après 3 piques et une bonne paire de banderillas, le 3e tiers commençait bien mais le toro s’étiola rapidement. 2 avis – 2 pinchazos – 2 descabellos – bronca.

ESCRIBANO, en chef de lidia doit tuer le toro de Paco URENA.

Très bien armé, Manuel est à l’aise à la cape notamment par quites magnifiques (chicuelinas). Il pose trois paires de banderilles magnifiques étant donné le berceau des cornes. ESCRIBANO a lutté jusqu’au bout de la nuit, la mort étant à chaque passe. Peut-être aurait-il dû insister à droite ! Quoiqu’il en soit il mérite toute notre admiration.

Les sceptiques, déçus, imaginaient mieux pour cette course, espéraient plus d’oreilles, de noblesse. Cela relève de l’utopie vu la qualité des « Victorinos » choisis. Il y a longtemps que cette ganaderia n’avait pas montré autant de dangerosité.

Il faut savoir ce que l’on veut, de la douceur ou bien du combat. Il faudra réfléchir sur l’avenir de la tauromachie, vu le contexte, notamment dans le sud-est.

Vic c’était mieux avant ? «N’oublions pas que le bonheur existe après coup ».