Vic 2016 une bonne cuvée

 

Nouveau paradigme dans l'organisation de Pentecôtavic avec l'instauration d'un péage pour accéder en ville d'où la réalité de deux ferias, celle des arènes avec extinction des feux à 23 heures et celle du centre-ville accessible pour quelques euros. Á noter que le Club Taurin Vicois avait obtenu que les arènes soient maintenues hors zone contrôlée et donc hors zone payante afin de ne pas pénaliser les aficionados. Y a-t-il eu vase communiquant entre les deux fêtes? Cela ne crée-t-il pas une ségrégation entre deux mondes qui ont tout à gagner dans leur rapprochement ?

Autre thématique à aborder la présence de nombreux « sud-estistes » mais comparaison vaut-elle raison ?

La solidité des sabots a posé problème à Vic et aussi dans une moindre mesure à Nîmes. Il faudra en analyser les causes mais les taureaux ne sont-ils pas trop préparés (suralimentation, surpoids).

Pour les piques, Vic est bien sûr en-tête sur les plans quantitatif et qualitatif bien qu'il y ait eu trop de chevaux mal présentés, trop de piques dans le dos ou les épaules. Mais les qualificatifs lus dans les compte-rendus du cirque romain montrent une différence de comportement et de présentation du bétail: "homéopathique, insignifiant, pour le principe, ça ou rien, trois caresses" sont les termes utilisés pour qualifier les piques servies... Pour l'émotion il valait mieux être en Gers avec ou sans canard, vide sanitaire oblige.

« Á bisto de nas » la fréquentation a été importante, le temps parfois indécis ayant épargné les spectacles.

     

 

Samedi 14 mai 6 BALTASAR IBAN pour Curro DIAZ , Morenito de ARANDA et Juan Del ALAMO

Le bétail est très bien présenté avec des armures de respect, il se révèlera avisé mettant les toreros à l'épreuve.

Curro DIAZ remplace Rafaelillo, il doit combattre un premier taureau arrêté aux banderilles et à la charge douce cachant un réel danger. La faena sérieuse et technique exclusivement droitière sera conclue d'une entière. Applaudissements à l'arrastre et salut au tiers.

Son second, au comportement de dominant dans les corrals, désarme le maestro à la cape, se réserve lors des charges peut-être handicapé par la perte de l'étui d'un onglon. Les passes ne peuvent qu'être données une à une, mieux à gauche qu'à droite avec une reprise à droite sur insistance du public. Applaudissements à l'arrastre et Oreille.

Morenito de ARANDA manie la cape avec efficacité fixant rapidement le taureau qui se ménage aux banderilles dont il sort en boîtant. Brindis au public. Lent à réagir aux toques il s'avise et ne permet rien sur la corne gauche, encensant de la tête. Il est couché d'un quart d'épée précédé de deux pinchazos et suivi d'un descabello. Silence.

Le suivant est difficile à fixer dans la cape, il vole deux piques en fuyant la mise en suerte, charge du centre de l'arène à la troisième, le président acceptant un regaton demandé par le maestro après sonnerie des clarines ce qui fera causer au comptoir. Salut des péons aux banderilles. Le taureau est noblito mais manque de force. Une entière engagée mais tombée suscite une pétition minoritaire à laquelle le président ne saura pas résister . Une oreille.

Juan del ALAMO est dominé à la cape. Spectaculaire à la première rencontre son taureau subira deux autres piques vengeresses puis il va se décomposer en perdant un étui d'onglon aux banderilles. Deux séries méritoires à droite précéderont un final donné à un invalide qui sera mal tué d'un pinchazo et d'une demie lame plate nécessitant un descabello. Silence.

Le sixième est participatif à la cape et fait bonne figure à un tiers de piques exemplaire d'Oscar Bernal en chargeant de loin. Applaudissements aux banderilles et brindis au public. Dommage le bicho, le plus beau de la soirée, perd deux étuis d'onglons ce qui le handicape et rend incompréhensible l'insistance à prolonger la prestation de la part du torero qui conclue d'un trois quart d'épée tendue et tombée. Sifflets.

 

Dimanche 15 mai en matinée Corrida concours pour Luis Miguel ENCABO, Javier CORTES et Thomas DUFAU

Quasi plein. En piste pour les piques, seuls sont tolérés le picador, le maestro et le péon de brega.

Nicolas Bertoli à l'oeuvre    

« Monedo » de Manuel Quintas pour Luis Miguel ENCABO. Le taureau remate aux planches à sa sortie et saura jouer de la tête. Trois piques, morrillo, épaule et dos. Il prend querencia aux planches, se montre compliqué aux banderilles et désarme le torero quand celui-ci veut le changer de terrain. Sa mauvaise caste se confirmera à la mort où il ne part pas et ne baisse pas la tête. Il sera tué sans estocade d'un descabello. Sifflets à l'arrastre et silence.

« Salta Cancela » Los Maños pour Javier CORTES. Le travail technique permet de fixer rapidement le taureau dans la cape. La première pique est replacée dans le morrillo , il pousse mollement d'une corne à la deuxième puis embarque l'équipage avant de le reprendre de face. Échappant au péon il se colle de longues minutes au cheval sans trop pousser. Pour la troisième et la quatrième (donnée avec une pique de tienta) rencontres il s'élance depuis la barrière et sort rapidement. Salut et sortie de Gabin Rehabi avec la musique. Salut de Marco Leal aux banderilles. Brindis au public. Il se révèle noble en acceptant la main douce mais ferme du torero qui n'insiste pas à gauche. Puis le taureau se désunit et se réfugie aux planches. Á la mort, le taureau ne part pas et sera tué d'un bajonazo promptement retiré. Vuelta du taureau et vuelta du torero accompagné du picador.

« Noticiero III de Hoyo de la Gitana pour Thomas DUFAU. L'habit a fait le moine puisque le taureau peu élégant s'est révélé être plus violent que fort. Il ne permet rien à la cape et secouera Nicolas Bertoli dont le cheval sera soulevé à plusieurs reprises et qui finira par être désarçonné au quatrième assaut. Il mettra en difficulté le torero qui pourra servir quelques mouvements sur les deux rives et le couchera d'une entière d'excellente facture ternie par des insuffisances à la puntilla. Salut au tiers.

« Macareno » de Martinez Pedres pour Luis Miguel ENCABO. Cette véritable estampe permettra une belle série de véroniques. Il ne brillera pas particulièrement au cheval payant la comparaison avec ses deux prédécesseurs lors des quatre piques. Pose des banderilles par le maestro. Brindis au public. Le toreo distant mais templé ne pourra pas gommer une certaine fadeur ou un manque de force. La mort donnée d'une demie lame plate sera lente. Applaudissements à l'arrastre et salut au tiers.

« Arquero » de Flor de Jara pour Javier CORTES. Les cornes longues et levées au ciel il se jette dans la cape et sera compliqué à fixer. Il ne montre pas grand chose aux trois piques avant un quite par chicuelinas de Javier Cortes. Salut d'Antonio Molina aux banderilles. Seules des demies charges sans saveur vont faire que la fleur fanât rapidement. Demie lame concluante pour un salut au tiers.

« Potrico » Pedraza de Yeltes pour Thomas DUFAU. Accueil par une larga afarola de rodillas devant un taureau puissant qui s'investit dans la cape. Il prendra trois piques en s'employant particulièrement dans la première; le picador devra aller le chercher au centre ce qui provoquera une belle poussée. Brindis au public. La faena commence par des cambiadas au centre et se poursuit en toréant sur le passage le torero peinant à peser. Chiffonnade à gauche avant que le taureau ne gagne du terrain et ne bouscule l'homme sans conséquence. Après un désarmé et des manoletinas qui n'étaient pas indispensables belle épée entière. Applaudissements à l'arrastre et silence.

Prix au meilleur toro pour « Salta Cancela » de Los Maños.

Prix au meilleur picador pour Gabin Rehabi.

Prix au meilleur subalterne pour Antonio Molina.

Gabin Rehabi Javier Cortès

 

 

Dimanche 15 mai après-midi 6 Valdellan pour Domingo LOPEZ CHAVEZ, José Carlos VENEGAS et César VALENCIA

Les taureaux sont de bonne présentation mais ils ne répondront pas aux attentes du public. Trois seront handicapés par des boiteries dont un perdra un étui d'onglon. Du côté des hommes et pour résumer, un chef de lidia qui assume à l'excès indisposant une partie des aficionados, un torero qui faisait sa présentation en France emprunté et décevant et le repêché de la tarde qui se fera méchamment bousculer par un taureau puissant.

Domingo LOPEZ CHAVEZ joue dans le registre exubérant libérant un trop plein d'énergie avec les facilités que lui procure son ancienneté. Il accueille son premier avec trois largas afarolas de rodillas. Celui-ci viendra de loin aux trois piques dont deux se feront croupe présentée. Il suit mollement aux banderilles. Brindis au public avant une faena faite pour porter sur les gradins qui se conclue par une magistrale épée sous le coup de laquelle le taureau s'agenouille. Applaudissements à l'arrastre et donc… une oreille.

Une cape dominatrice maîtrise le second. Deux piques données par le roi de la pompe ! Suivies de deux autres mieux posées mais avec le cheval perpendiculaire à la charge. Le manque de transmission installera l'ennui, le taureau finissant par exister jusqu'à ce qu'une épée placée dans le rincon d'O ne l'interrompe, ceci après deux pinchazos. Silence.

José Carlos VENEGAS nous gratifie d'un jeu de cape propre et classique. Salut de David Adalid aux banderilles. Après avoir offert sa prestation au public, il entame une faena intéressante qui n'ira pas loin le bicho perdant un sabot et le torero écourtant de ce fait le combat. Il tuera mal par un pinchazo, une demie épée et trois descabellos.

Après une cape insignifiante le taureau sera mené an cheval par quatre fois en suscitant les sifflets du public. "Tant de fer pour ne rien faire", la faena se fera en deux temps : toreo décroisé, au pico et à mi-hauteur puis une réaction viendra pour une deuxième partie plus allègre en variant les gestes mais avec peu de construction. "Il n'a pas fait le taureau" me souffle ma voisine de gauche! Un avis précède une entière rageuse. Le président résistera à une pétition qui n'était pas majoritaire, on ne tisse pas des mouchoirs avec des sifflets. Salut au tiers et vuelta protestée.

César VALENCIA remplace Alberto Lamelas blessé à Alès huit jours avant. Il affronte un taureau très vivant qui n'accepte pas de se soumettre à la cape et échappe aux mises en suerte. Il se met à boiter bas d'où une prestation avortée et mal conclue de trois pinchazos et d'une demie lame basse. Silence.

Son second sera changé suite à une boiterie. Il sera remplacé par une brute épaisse aux charges désordonnées et empreinte de mansedumbre. Dominé par son opposant César Valencia se fait prendre et reprendre violemment. Le chef de lidia exécute d'une demie épée le bicho qui vient mourir au centre.

 

Á noter un total de 44 piques pour la journée du dimanche !

 

Lundi 16 mai 6 Victorino Martin pour Manuel ESCRIBANO, Paco UREÑA et Manuel Jesus PEREZ MOTA

Le retour des Victorinos s'est fait avec des taureaux aux armures disparates et très difficiles à combattre pour les diestros pourtant rompus à l'exercice.

Manuel ESCRIBANO ne pourra pas renouveler sa prestation de Séville. Le taureau sauteur dans la cape s'exprime aux trois piques avec violence et d'une corne en sortant rapidement. Pose des banderilles par le maestro. Le taureau avertit, se retourne sur l'homme qui écourte d'un quart d'épée trasera nécessitant un descabello. Pouvait-il faire plus ? Sifflets à l'arrastre et sifflets.

Son deuxième est applaudi à son entrée dans l'arène, il saute dans la cape mais accepte le compromis. Les trois piques sont pompées... Le maestro limite les banderilles à deux paires le taureau perdant un étui d'onglon. Le taureau réduit ses charges obligeant Escribano à procéder passe après passe après avoir débuté à main gauche. Il le couche d''une demie lame d'effet rapide. Silence.

Manuel Escribano remet le couvert en sixième position pour combattre le taureau dévolu à Ureña. Le torero capte la charge dans le tissu avant deux piques poussées d'une corne. Quite de Manuel qui se fait dominer sur la fin avant de se faire remarquer aux banderilles. Le taureau avertit dès la deuxième passe et n'acceptera la muleta que sur la gauche. Le combat âpre se clôt d'une entière trasera nécessitant trois descabellos. Silence.

Paco UREÑA se montre ferme et efficace à la cape mais le taureau très difficile le bouscule lui infligeant un puntazo. Malgré la douleur le torero tient à le tuer ce qu'il fait en grimaçant d'une entière contraire avant de quitter l'arène sous les applaudissements.

Manuel Jesus PEREZ MOTA hérite d'un premier taureau applaudi à son entrée qui échappe aux mises en suerte et sort seul des trois piques et suit mollement aux banderilles. Brindis au public. Encore un gaucher dangereux qui refuse de se soumettre à droite. Sans ressources le torero abrège et tue mal d'une épée sous-cutanée suivie d'une entière basse. Silence.

Puis chiffonnade à la cape avant trois piques en venant de loin mais sans trop pousser. Mieux à gauche, il mettra le torero à l'épreuve et le dominera. Cela se terminera mal après deux avis et des sifflets nourris.

 

Trophée de l'Avenir 3 novillos du Lartet pour Juan Antonio ROMERO, Baptiste CISSE et El GALO

Les novillos ont ravi le public par leur présentation et leur comportement en piste, ils ont tous trois été applaudis à l'arrastre. Le trophée sera attribué à El Galo qui a pourtant montré des limites, banderilles à corne passée, toreo superficiel, avant de se reprendre sur la fin. Il tuera mal. Salut au tiers. Baptiste Cissé a été le plus novillero des trois multipliant les gestes ce qui n'a pas convaincu le jury mais le public. Une oreille. Juan Antonio Romero n'a pas réussi à contenir le novillo délicat à gauche. Il tue mal. Salut au tiers.

La décision du jury sera protestée par le public surpris de la délibération.