Tout n’est pas à jeter dans la programmation offerte par le Club Taurin Vicois pour cette novillada de toute fin d’été.

Si les chroniqueurs tombent d’accord pour critiquer, à juste raison, le manque de race, de caste et de bravoure des bichos, il n’est pas raisonnable de donner l’impression qu’il ne s’est rien passé ce dimanche de septembre. Toutefois ils ont juste sur un point puisque nous n’avons pas vu… l’oreille ou un quelconque autre appendice du moindre anti alors que certains d’entre eux devaient comparaitre le lendemain devant le tribunal correctionnel de Dax ; ils auraient pu amortir le déplacement en revenant dans le Gers, mais non ; c’est à n’y rien comprendre !

La matinée placée sous la férule de Richard Milian a été plaisante et particulièrement instructive. La tienta de vaches de la ganaderia Bonnet a permis de revoir Louis Husson, el Adureño et de saluer le retour en piste de Tibo Garcia qui n’a rien perdu de son sens du sitio et de la lenteur des gestes malgré les séquelles de son grave accident de la route survenu en février dernier.

                   Tibo GARCIA            Salut des intervenants

Autre point positif à relever, le risque encouru par les organisateurs en retenant les novillos de BARCIAL. Personnellement je n’y ai pas vu une once de nostalgie mais la chance donnée à l’éleveur de présenter ses produits résultant d’un rafraîchissement avec du sang Conde de la Corte. Pas de nostalgie, donc, mais un côté expérimental qui mérite d’être souligné. La défense des encastes minoritaires passe par là.

Dimanche 21 septembre 2014 – novillada BARCIAL – Tomas ANGULO – César VALENCIA – Vicente SOLER –

Les novillos sont de très belle présentation et dotés d’armures remarquables ; de vrais taureaux dont le tamaño est susceptible d’effrayer moult empressas et apoderados en corridas formelles.

Tomas ANGULO – n°61 - Cornicorto – 03/11 – negro entrepelado, bragado corrido, giron calcetero. Le novillo sort du toril et fait montre de sa puissance ; l’entente avec l’homme est totale à la cape. Il accepte deux piques bien posées, la première un peu en arrière où il pousse. Un premier signe de faiblesse apparait lors du quite qui lui est servi lequel augure d’une suite difficile. Brindis au public. Le novillo ne dispose que d’une charge limitée qui l’amène, certes, à se défendre mais sans violence ou mauvaise intention. Six pinchazos et un avis précèderont une entière légèrement tombée. Silence et quelques applaudissements à l’arrastre.

N°85 – Cornicorto III – 06/11 – negro lucero bragado corrido coletero calcetero. Le novillo quitte les chiqueros avec une ankylose d’un postérieur protestée par le public mais le palco n’a pas souhaité un changement mettant les insuffisances sur la faiblesse de l’individu et non sur son invalidité. En conséquence il n’y a pas eu de faena. Une pique et un quart de pique ; trois quart d’épée. Silence.

                 Tomas ANGULO                César VALENCIA

César VALENCIA – n°59 – Muñolero - 04/11 – negro bragado lucero lista pecho. Le novillero juge vite des difficultés présentées par la corne gauche d’un novillo avisé, querencioso et andarin  et ne pourra pas placer la moindre véronique. Trois piques poussées dont la première après un très long cite et trop de réceptions avec le cheval perpendiculaire. L’entame du troisième tiers est tendue et agréable à suivre. Le novillo exigeant accepte les contraintes imposées ; il dispose d’une belle charge et prend le dessus à main gauche et en fin de faena. Le novillero perdra le pavillon en n’essayant pas de se reprendre par une dernière série à droite. Pinchazo et entière d’effet rapide. Vuelta et bronca pour la présidence.

N°52 – Rondo – 03/11 – negro entrepelado bragado corrido facado rebardo. Il est accueilli par deux largas de rodillas, les seuls gestes noveril de l’après-midi. Festival de Tito Sandoval qui est applaudi longuement pendant et après les trois assauts ; la dernière pique est donnée à un novillo placé à l’opposé de la piste. César Valencia pose les banderilles dans son style allègre. Brindis au public. Le novillo se révèle décasté, faible et sans bravoure. Il se défend sur place et arrêté cherche l’homme. Il tombe après un seul pinchazo et sera puntillé avec l’accord du Président Thomas Thuriès. Salut au tiers.

        Les BARCIAL              Tito SANDOVAL

Vicente SOLER – n°56 – Cornicorto I – 03/11 – negro entrepelado bragado corrido lucero calcetero. Le travail à la cape est appliqué mais ne produit pas d’émotion. Deux piques et quite réalisé sans conviction avant la pose des banderilles par le maestro. Brindis à Marcel Garzelli pour sa dernière actuation. Le novillo va a menos avec peu de charge ; il est toréé de loin et rien ne sera montré ni à droite ni à gauche. ¾ d’épée. Silence. A noter le « coup de castoñero » donné en sortant de piste  par Gabin Rehabi à Marcel Garzelli.

N°57 – Cornicorto II – 03/11 – cardeno nevado bragado corrido lucero coletero. Le novillo déborde son opposant à la cape et provoque la panique dans la cuadrilla par son comportement de manso perdido. Il va seul à la première pique et subira six contacts dans le plus grand désordre souvent carioqués et pompés. Seulement trois banderilles seront posées en trois passages, la prudence règne. Le novillero procède par doblones et trincheras en reculant. Sur un coup de colère, il abrège et part chercher l’épée de mort ; suivent ¼ d’épée, deux pinchazos et 1/3 d’épée. Il le tue d’un descabello foudroyant posé au taureau dont la tête est levée.

          Vicente SOLER         La solitude du palco