Jean Jacques DHOMPS (1934 – 2026) figure de l’afición française
Devenu pharmacien après une enfance à Trausse Minervois, puis ses études à Carcassonne suivies de la formation universitaire à Montpellier, il s’installe en officine à Labastide Rouairoux puis à Castres, la ville de naissance de Jean Jaurès.
Esthète et curieux des arts et des sciences il réunit de nombreuses passions : la musique et la peinture, la philosophie, la langue occitane… En véritable amateur d’art il sait à merveille alterner la visite des musées et la fréquentation des arènes et met la jambe en devenant membre des amis du musée Goya de Castres auquel il avait un profond attachement.
Il n’a pas pu ignorer la bibliophilie et adhère à l’Union des Bibliophiles Taurins de France pour laquelle il prononcera plusieurs conférences, publiera dans la gazette plusieurs communications notamment sur l’histoire des Corridas données à Castres et en organisera l’Assemblée Générale sur ses terres tarnaises.
Très croyant, il tenait à étudier chaque Noël à destination de ses amis une œuvre religieuse représentant la Vierge et l’Enfant. A l’actif de son bilan cultuel aussi l’accompagnement de son ami Gaston-Louis Marchal auteur de la fresque monumentale (78m2) représentant l’Apocalypse de St Jean installée dans l’église N-D d’Espérance à Castres et dont il rédigera le guide.
Les sciences étaient son domaine dont il suivait l’actualité jusqu’à, ces dernières années, se passionner pour la génétique et la mécanique quantique.
Jean Jacques était un érudit dont la curiosité était sans limite toujours à la recherche de la vérité avec une démarche toute scientifique empreinte de rigueur et de persévérance.
Son autre passion sera la Tauromachie : Jean Jacques voyait dans la Corrida « l’homme triomphant du chaos et de la bestialité ». Il a connu la rivalité Ordoñez-Dominguin. De spectateur il deviendra acteur en créant le Club Taurin de Castres – la Goyesca – dont il fera l’académicien Lucien Clergue, le parrain. Avec une programmation à faire pâlir de nombreuses villes taurines, la sous-préfecture tarnaise étant devenue par son entremise une adresse taurine connue du mundillo et respectée par lui.
Très rapidement il fait adhérer son club taurin à la FSTF où il aura accompagné trois présidents prenant rapidement des responsabilités au sein du bureau fédéral apprécié qu’il était pour sa rigueur, son expertise et son bon sens ; il y effectuera un travail considérable et sera de tous les combats. Du fait de cette continuité il occupera une place essentielle dont la fédération lui sera redevable ne comptant ni son temps ni l’énergie déployée.
Il a aussi cru en un Observatoire National des Cultures Taurines qui s’annonçait fédérateur dont il a maintenu et animé le site internet pendant des années…
En reconnaissance de cet engagement militant soucieux qu’il était de l’intégrité du taureau, du respect de l’éthique en Corrida et la défense les intérêts des aficionados, la FSTF lui attribue en 2021 le très respecté prix El TIO PEPE.
Bon vivant, généreux et toujours partant, Jean Jacques. Ainsi nous nous sommes connus sur les gradins des arènes toristes de Céret – ça ne s’invente pas – puis nous avons parcouru ensemble des milliers et des milliers de kilomètres, des heures et des heures d’échanges toujours pour la cause taurine et l’amitié. Parmi les centaines de personnes rencontrées qui le connaissaient aucune n’exprimera jamais la moindre réserve. Et pourtant il était armé d’un vrai caractère doté de fortes convictions nourries à la source de son érudition et des valeurs qu’il défendait âprement.
Remercions Jean Jacques figure émérite de l’afición et reconnaissons en lui l’humaniste convaincu par le Toro Toro et gardien de la Corrida Authentique.
Dominique Valmary (président FSTF 2015 – 2025)
*Illustration: Jean Jacques à Pampelune pour les Sanfermines 2016 en présence de quelques « Divinos »