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MICHEL VOLLE, un texte d’intérêt taurin : Indulto ou pas

Michel VOLLE, notre lauréat du Prix Tio Pepe 2025, revient sur les fondamentaux qui devraient déclencher la sortie du mouchoir Orange !
« Si vous me connaissez un, vous savez que je ne suis pas systématiquement hostile aux indultos, à condition que la grâce soit exceptionnelle, pour un toro qu’il l’est tout autant, un toro complet auquel on a permis de manifester sa bravoure lors d’au moins deux ou trois rencontres lors du premiers tercio. Il a fallu pour cela qu’on lui permette de s’élancer de loin lors de la seconde rencontre, et d’encore plus loin lors des suivantes. Une fois au contact, il doit mettre les reins, charger tête baisse, être capable de pousser, de faire reculer la cavalerie, et s’il parvient à la bousculer jusqu’à la chute, c’est encore mieux pour lui, et pour nous. Ce n’est qu’ensuite qu’il va pouvoir faire étalage de sa noblesse, à condition bien entendu d’avoir été piqué correctement, au bon endroit, dans le bas du morillo, et non dans le flanc ou au milieu du dos , ce qui est toujours handicapant, voire invalidant. Bien sûr, il ne doit pas sortir seul d’une rencontre. Dès lors, devant un torero qui va lui permettre de vraiment s’exprimer, en occasionnant des charges de loin, et en enchainant les muletazos des deux mains, dans son terrain, sans jamais l’étouffer, sa noblesse encastée va pouvoir s’exprimer, sans manifester de signes de faiblesse, gardant un bon potentiel physique, bouche fermée, jusqu’à la fin de la faena. Alors là je ne suis pas contre l’indulto, mais malheureusement c’est rarement le scénario auquel on assiste. J’ajouterai que le toro en question doit être d’une belle présentation. Ce n’est pas pour rien que pendant longtemps la grâce d’un toro n’était possible que lors de corridas-concours. Les premiers honneurs doivent alors lui revenir, hors aujourd’hui on a trop tendance à les accorder au torero. Certes il faut lui être reconnaissant d’avoir permis au toro de s’exprimer et de l’avoir mis en valeur, mais c’est avant tout la grandeur du toro brave qui doit être mise à l’honneur, les trophées symboliques accordés au torero, ayant valeur de remerciements et de reconnaissance pour ce qu’il a accompli et permis.
J’ai beau penser et repenser à ce qui s’est passé à Istres, j’ai l’impression de ne pas avoir exactement assisté à cela. Sébastien Castella fut bien plus grand que Sibarito, un bon petit toro de Jandilla très noble. Et puis le comble de l’histoire c’est que, aucun toro ne pouvant repartir en Espagne, il fut « exécuté » dans l’ombre d’un chiquero quelques instants après sa grâce. Est-ce qu’il n’était pas bien plus valorisant pour lui de s’écrouler sur le sable après une grande estocade ? Pour lui et même pour le torero ! »
Michel Volle ,
juin 2026

 

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