AVEC ou SANS LES LIGNES, réactions…
Dominique VALMARY, co animateur des Socios
« Céret 2026 expérimentation piques
Globalement l’expérimentation a été intéressante et positive dans un contexte favorable.
Par rapport à l’axe Face au Toril les cavaliers ont dû, ont pu, vraiment toréer* le taureau avec une plus grande liberté de manœuvre de leur monture. Les picadors de Vilau ont été ceux qui ont pris le plus de liberté et usant le plus des terrains situés à gauche et à droite de cet axe (environs 10 mètres de chaque côté). Cela s’est moins vu par la suite.
Novillada du samedi matin
La distance cheval taureau a toujours été supérieure à la distance réglementaire fixée par l’écart des deux lignes (ici imaginaires), point positif.
J’ai relevé beaucoup trop de distances différentes selon les piques en dehors de toute logique progressive, était ce lié à l’expérimentation elle même je ne sais pas l’interpréter.
J’ai apprécié le travail des picadors lorsque la première pique était présentée de trop loin : ils entraient loin dans le ruedo pour citer le taureau et pouvaient prudemment reculer leur monture dans leur zone de sécurité les planches.
J’ai relevé aussi un festival de chevaux présentés perpendiculairement à la charge du taureau et non « de frente » dont la chute du picador due à une grossière erreur de présentation de sa monture ce qui ne l’a pas empêché d’être primé… était ce en relation avec la perte de repères, je ne sais.
On a constaté que l’on peut respecter ces nouvelles règles et se les approprier tout en massacrant le taureau à l’ancienne, le contre-exemple de Ferrera est flagrant.
L’expérimentation a été comprise par le public qui n’a pas manifesté d’hostilité hormis le cas Ferrera qui était d’une autre nature.
Les rayas ne se justifient que lorsque leurs raison d’être – la protection du cavalier pour l’une, la protection du taureau pour l’autre – ne sont pas respectées.
Les limites: il faut que les toreros et leurs picadors respectent le tiers de piques et le taureau, il faut des taureaux allant allègrement à la pique c.a.d braves, il faut aussi des cavaliers.
Donc l’expérimentation semble difficile dans un contexte moins toriste ou dans un ruedo de grande dimension, quoique… peut être à tenter aussi pour les corridas concours avec des picadors avisés mais il y en a peu de corridas concours.
* toréer : je sais que l’usage du mot au premier tiers gêne certains mais pour moi ce que j’attends de tout picador c’est de citer le taureau, en gérer la charge, bien doser le châtiment et savoir diriger la sortie du taureau. »
Daniel GARIPUY, vice-président Centre,
« N’est-il pas possible d’avoir un avis sans avoir pu assister aux corridas de Céret cette année, ce qui est mon cas? A Céret, comme à Vic le premier tiers est mis en valeur, y supprimer les lignes ne me pose pas problème. Mais généraliser l’expérience à toutes les arènes où le tercio de piques n’est pas toujours respecté serait à mon avis une erreur. »

Corrida du samedi après midi
Cyril DEFRANCE, vice-président Sud-Ouest
« Mon avis concernant la suppression des lignes à Céret, c’est que j’ai trouvé les mises en suerte moins soignées.
Et totalement d’accord avec Daniel sur le fait de ne pas étendre cette expérience à d’autres arènes, notamment celles toreristas 😉 »

Novillada dimanche matin Isaias y Tulio Vazquez
Valérie SERRANO, chargée de la Communication
« C’est peut être du parti pris, mais je pense qu’il faut aussi des chevaux pour donner du jeu.
En tout cas, c’était effectivement passionnant cette féria de Céret !

Corrida dimanche après midi ESCOLAR
Evelyne LANFRANCHI MONLEAU, secrétaire générale
» Plus de liberté pour le piquero, plus d’adaptabilité pour citer le toro, plus d’espace pour s’exprimer, mais tout cela dans une arène et une organisation qui placent le Toro au centre des débats! Du choix de l’animal au campo jusqu’au terme avec l’estocade. Avec un public d’aficionados avertis, bien entendu. Merci l’ADAC.
Les mises en suerte ne peuvent pas être, par contre, escamotées, l’intérêt principal est bien que le toro soit arrêté avant de s’élancer, ce point a laissé à désirer.
Je rêve que, déjà, dans nos arènes d’Arles, le cheval et son cavalier soient placés face au toril, avant d’effacer les lignes, un desiderata d’une certaine CTEM en son temps. Et pas uniquement pour les corridas concours ! »
A RETENIR :
La FSTF et le CPAC ont préparé un questionnaire pour faire une large évaluation de cette expérience, questionnaire qui sera largement diffusé, même aux aficionados absents de Céret. Nous attendons quelques feux verts et vous serez largement consultés. Un travail qui pourrait être collaboratif avec l’UVTF, l’ADAC, à suivre!
Le bureau de la FSTF
photos Philippe GIL MIR que nous remercions!