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Le site TERTULIAS a apporté en janvier dernier au grand public des informations sur une partie du coût de l’organisation d’un spectacle taurin : les honoraires ou les cachets des professionnels taurins, du maestro au mozo de espada. Certes la lecture de la  base légale de ces rémunérations nécessite la maitrise de la langue espagnole, mais le règlement taurin municipal français avalisant ce convenio (convention collective en français) dans son préambule, nous sommes bien face aux grilles salariales des acteurs taurins français et espagnols sur notre territoire. Et selon le site Tertulias, ces bases salariales seraient augmentées en terme de coût de 40% par les charges sociales applicables en France!

Je comprends encore plus la nécessité de l’appel lancé par Notre Président Benoit Pince auprès des organisateurs de spectacles dans les arènes de troisième catégorie françaises.

Courrier Organisateur 3ème Catégorie (1)

Quelque part, il s’agit de l’Avenir de la Tauromachie sur l’ensemble de nos territoires taurins et nous vous invitons à rejoindre notre groupe de travail, organisateurs, mais aussi, pourquoi pas, avec vous aussi les professionnels taurins.

Notre mail : mailfstf@gmail.com

Evelyne Lanfranchi Monleau , membre du bureau

Combien coûte un torero?

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Actualités de la FSTF Éditoriaux

On devient fou (…) sous le soleil de Mexico …..

Le 18 mars dernier une bien mauvaise nouvelle nous est parvenue d’outre atlantique. 

La corrida incruente a été adoptée dans la capitale Mexicaine. 

Et ce, dans une indifférence totale sur notre continent européen. 

Pourtant les multiples attaques à la tauromachie en terre aztèque devaient nous mettre la puce à l’oreille. 

C’est la première fois que l’on touche au sens même de la Lidia. 

Sans pique ni banderille ni mise à mort.

La corrida incruente exclue toute « maltraitance animale » et oblige à ramener les toros « lidiés » au campo. 

Cette « nouvelle tauromachie » évoquée, il y a quelques temps par Monsieur MANRUBIA, qui avait fait l’objet d’un communiqué incendiaire de l’ONCT, parait bien agressive à coté de ce qui vient d’être adopté par Madame SHEINBAUM.

Ne nous y trompons pas c’est une première avancée avant une extension de l’application de la Loi à l’ensemble du Mexique.

Vidée de sa substance et de son sens cette parodie de jeu taurin ne fera pas long feu. 

Démonstration évidente du pouvoir politique de vie ou de mort sur nos traditions. 

Démonstration aussi de notre nécessaire vigilance sur ces évolutions présentées comme progressistes.

Cette évolution pourrait amener à réfléchir, dans le mauvais sens, sur notre vieux continent, nos hommes politiques. 

Rappelons que le Président de la République a évoqué le besoin de faire évoluer nos traditions sans les interdire.

Nos représentants étant majoritairement contre les interdictions, la petite musique entendue lors des derniers épisodes Caron, Cazebonne et compagnie…, de la part des leaders politiques, devrait nous préoccuper sérieusement. On ne souhaite pas parler  d’interdiction mais bien d’évolutions …

Comment ne pas voir, alors, un rapprochement avec la loi SHEINBAUM.

Ces évènements doivent nous amener à réfléchir à nos futurs combats, à nous recentrer sur l’essentiel, l’intégrité du combat, le respect des règles sans concession qui seuls permettront de défendre législativement et institutionnellement la corrida. 

La seule certitude étant que nos représentants politiques n’hésiteront pas à dénaturer le sens même de la corrida pour répondre à la pression des biens pensants et faciliter leurs ambitions électorales. 

Restons vigilants.

D’autant que, l’Espagne a franchi également, il y a quelques jours, un pas politique contre la fiesta. 

Les modes d’actions de nos détracteurs ont évolué, ayant bien compris le mécanisme des appareils politiques.

De notre côté, attention à ne pas donner le bâton pour nous faire battre et tomber dans ce jeu qui consiste à vouloir systématiquement faire évoluer les « outils » de la lidia, à humaniser, à atténuer, à adoucir, à faciliter ….

En définitive, à masquer.

A masquer les carences actuelles du toro de combat en facilitant le triomphe et l’esprit festif notamment en escamotant les parties techniques essentielles (plus de puntilla, piques toujours plus petites, banderilles sans harpons, etc…. ). Sans parler de la généralisation de « l’afeitado légalisé » (bolita ) à tous les niveaux. 

Ces signaux ne vont pas dans le sens de la défense du toro, au contraire. 

A masquer la souffrance mais aussi la bravoure du combat du toro qui sera abattu en cachette, en secret, en silence ….

Le toro ne peut pas avoir le statut de collaborateur soumis que l’on ne cesse d’épargner pendant son combat, sauf à marcher vers notre perte …

Nous ne pourrons rester crédibles que si les trois tiers de la corrida sont justifiés et menés de manière sincère, éthique et authentique. 

Le sens de la lidia est fondamental.

La défense du toro de combat dans son intégrité, préalable non négociable, est fondamental.

La corrida sera défendue tant qu’elle restera défendable. 

Benoît PINCE Président de la FSTF

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MISE à JOUR de L’HISTOIRE de la FSTF 

par Dominique VALMARY

 

En 2014, au Congrès d’Alès (30), le toulousain Dominique VALMARY était élu Président de la fédération. Il exercera ce mandat pendant 10 ans.

Au bilan de son équipe:

–  le développement du Corps des Présidents et Alguazils de Corrida – CPAC – qui comprend désormais 2 sessions régionales de formation et un symposium national par an. André Roques, responsable national du CPAC, a rassemblé là un riche cursus de connaissances et de recommandations utiles aux Présidents de courses et aux aficionados et accessible à tous. Cette démarche de formation et de partage d’expériences participe aussi à la maintenance du Règlement Taurin Municipal Français. A noter que désormais les membres du CPAC qui « montent au palco » se distinguent en agrafant à leur habit la cocarde du CPAC aux couleurs des mouchoirs utilisés pour signifier leurs décisions.


– l’élaboration d’un programme de travail notamment de formation en collaboration avec l’ANPTE, association espagnole des présidents de corrida qui est désormais liée par convention avec la FSTF.

–  l’ouverture de la FSTF aux adhésions individuelles est possible avec la création des SOCIOS de la FSTF. Cette nouvelle section interne permet aux aficionados éloignés des clubs taurins et des régions de tradition taurine de participer à la vie de la FSTF à l’instar des clubs fédérés et de bénéficier de services et d’un cycle de conférences données par visioconférence. Francis Wolff, philosophe professeur honoraire de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, en est le parrain et a prononcé la conférence inaugurale.

–  l’organisation en 2020 et 2021 pendant la crise COVID des ÉTATS GÉNÉRAUX DES TAUROMACHIES – EGT – a débouché sur 40 propositions d’évolution de la corrida. La campagne de consultation a permis à des milliers d’aficionados et de professionnels d’exprimer leurs attentes. Plusieurs ateliers, plusieurs chantiers et une table ronde ont débouché sur les Cahiers des EGT qui récapitulent les 40 propositions dont certaines ont déjà été réalisées. Tous les travaux et tous les documents peuvent être consultés sur le site internet de la FSTF.

–  la création de la Route du Taureau sur une idée portée par Évelyne Lanfranchi Monleau est destinée à mettre en valeur les élevages de taureaux braves, de taureaux camarguais et de vaches landaises. Ceux-ci sont invités à y exposer leurs conditions d’accueil ainsi que les services proposés lorsqu’ils acceptent les visites.

– la conduite d’une politique de communication a permis l’ouverture de la FSTF à une exposition élargie pour les clubs taurins, les partenaires des tauromachies et le public. Outre son site internet torofstf, elle dispose désormais de sa présence sur les réseaux sociaux dont FACEBOOK au moyen des supports suivants : la page de la FSTF, le groupe des Rendez Vous de la FSTF, le groupe Les SOCIOS de la FSTF, sur INSTAGRAM et sur X ex twitter.

En 2024 lors du Congrès de Rieumes (31) une nouvelle équipe a pris les commandes de la FSTF. Ainsi après quarante années passées dans le Sud Ouest, la Présidence de la FSTF rejoint le Sud Est. C’est un gardois de Bouillargues (30) âgé de 41 ans qui devient le 26ième Président de la FSTF en la personne de Benoît PINCE.

A la tête d’une équipe rajeunie et féminisée il affiche deux grandes priorités : la sauvegarde des arènes de troisième catégorie et l’association aux travaux de la FSTF de la jeunesse aficionada. A la FSTF la transmission est devenue une réalité.

Par ailleurs Thomas Thuriès connu pour son site internet Terres de Toros devient responsable du CPAC
en remplacement de André Roques qui a occupé cette fonction pendant 10 ans.

Le 108ième congrès de la FSTF aura lieu en 2025 sur ses terres à Nîmes à l’invitation des Amis de TOROS dans le cadre des festivités liées au centenaire de la revue.

Voici, brossée à grands traits, LA MISE à JOUR DE l’histoire de la Fédération des Sociétés Taurines de France qui continue à œuvrer pour que vive la CORRIDA en France !
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Actualités de la FSTF Éditoriaux

La nouvelle mandature qui s’est ouverte au sein de la Fédération des Sociétés Taurines de France, a émis pour principal objectif? la création d’un modèle économique viable pour les spectacles taurins dans les arènes de troisième catégorie. Corrida, novillada avec et sans picador sont pour la plupart organisées par des Peñas taurines composées d’aficionados passionnés, ne ménageant pas leur peine pour mener au bout le travail acharné de toute une année. 

Malheureusement, depuis quelques années les difficultés et les contraintes s’additionnent poussant certaines de nos chères « arènes de 3eme » et leurs organisateurs à jeter l’éponge. 

De nombreux signaux ont été envoyés au cours de ces dernières années, mais la sonnette d’alarme fut définitivement tirée en ce début de temporada avec l’annonce du renoncement des arènes de La Brède, Eauze ( un temps), Castelnau Rivière Basse , Vieux Boucau, à organiser leur traditionnelle journée taurine. 

Il y a urgence à trouver une solution pérenne.

Il est temps de prendre les taureaux par les cornes (limpias bien sûr ! ! ) sans attendre un bien hypothétique, soutien de nos « instances dirigeantes », peu préoccupées par la base de l’aficion.

Pour cela, nous avons créé au sein du Bureau fédéral un groupe spécifique de travail sur ce sujet majeur. 

La Fédération, pleinement dans son rôle, se veut être l’élément rassembleur et centralisateur de toutes ces forces : Club Taurin ou organisateur privé… « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! ».

Nous voulons porter la voix des aficionados qui s’impliquent pour faire vivre la Tauromachie dans leurs villes et villages car ces spectacles sont un maillon indispensable à l’avenir de la corrida.

Les différents travaux sont lancés nous vous tiendrons régulièrement informés de leurs avancées. 

La Fédération souhaite ardemment mener à bien ce grand projet qui se veut salvateur pour le maintien de la corrida dans nos territoires. 

Benoît PINCE Président de la FSTF

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Actualités de la FSTF Les jeunes plumes

En 2018, l’association MEXICO AZTECAS Y TOROS lançait un concours littéraire consacré aux JEUNES PLUMES TAURINES.

Hélas ce concours n’existe plus , il avait récompensé Axel Dumond de Nimes, alors âgé de 14 ans, voici son texte .

Si cette aventure vous tente, nous pouvons lancer à la FSTF un concours semblable. Exprimez vous.

Le Torero amnésique par Axel Dumond

– Hé ! Hé ! Monsieur !

J’ouvris doucement les yeux… puis les ouvris brutalement. Un grand escogriffe se tenait devant moi, une casquette où il y a avait écrit « I love corrida » trônant sur sa tête.

– Hé ! Hé ! Monsieur ! reprit-il de sa voix de chèvre. Vous pouvez me donner une dédicace ? Je n’ai pas osé vous déranger dans votre sommeil, euh pardon, votre méditation… C’est que je n’ai pas l’habitude de parler à des stars de la tauromachie, je suis un de vos plus grands fans ! Tenez, j’ai même votre signature sur ma casquette. »

Il tourna sa casquette, ce qui lui donna un air encore plus stupide. Et là, une signature bizarre que j’étais sûr d’avoir déjà vue. Soudain, un monsieur à cravache euh… à cravate surgit. Il chassa le fanatique de ma vue. C’est là que je me rendis compte que j’étais allongé par terre, sur du gravier, dans une cour.

Derrière lui se trouvaient deux personnes toutes blanches, de la tête aux pieds.

– Alors, on a fait une petite chute ? questionna l’homme à cravate.

– C’est qui eux ? demandai-je.

– Des médecins.

– Pourquoi ils ne parlent pas ?

– Ils ne parlent pas la même langue, répondit-il.

– Ils parlent quelle langue ?

– On est en Espagne, ils parlent espagnol !

– Et nous, on parle quelle langue ?

– Français, voyons ! Et ce n’est pas la peine de faire de l’humour, la corrida a été annulée !

Encore ce mot !

– On a été obligé de vider l’arène ! continua-t-il.

– Une reine ? On est à côté d’un château ? questionnai-je, surpris.

– Mais non ! Les ARENES ! cria-t-il.

– C’est bon, on a compris, cool Raoul !

– Moi c’est Emmanuel.

En tout cas, cet Emmanuel avait tort. C’était bien un château qui me faisait face, même qu’il s’appelait « Plaza de Toros de Madrid ».

– Enfin, tu ne t’en souviens pas ?

– De quoi ?

– Tu te préparais pour le paseo quand un anti-corrida t’a poussé contre un arbre.

– Ah ?!

C’était à ce crétin que je devais l’énorme bosse sur ma tête.

– Mais, il y a une chose qui m’échappe (plusieurs même), qu’est-ce que c’est un « passéau » ?

– Tu es tombé sur la tête ou quoi ?! (ce qui était un peu vrai) cria-t-il, le visage rouge pétant… Bon, ne nous énervons pas, rajouta-t-il.

Moi, je ne m’énervais pas, c’était lui qui piquait sa crise d’hystérie !

– Je vais te ramener chez moi… Paolo ! Paola ! hurla-t-il.

Deux mastodontes arrivèrent sur moi pour me relever. Je me rendis compte que j’étais habillé d’un habit très brillant, mais démodé.

– C’est normal, c’est l’habit du torero, m’expliqua Paola.

Qu’est-ce que c’était encore cette histoire de « taurérau » ?

Les deux mastodontes m’escortèrent jusqu’à une voiture grise. L’endroit était désert, il faut dire qu’il était 20H00 et que j’avais un petit creux.

– Les gens sont partis, dit Emmanuel, la corrida était prévue à 17H00.

– Qui ?

– Les aficionados venus te voir !

– Ah ?

On arrivait à un rond-point. Au centre, des gens meuglaient en tenant des pancartes.

– Qui sont ces gens qui crient ?

– Ce sont les anti-corridas. Ils sont stupides, hein ? répondit-il.

Emmanuel semblait s’être calmé.

– En effet, dis-je.

En les regardant, je me dis que je ne comprendrais jamais ces gens-là.

On roulait maintenant sur une route de campagne. On arriva bientôt à la maison de ce « cher » Manuel. Les deux mastodontes nous quittèrent et il me fit entrer chez lui. Le mur était tapissé de photos, d’affiches, de têtes de euh, bref, de grands morceaux de tissus jaunes et rose, d’autres rouges, de longs bâtons piquants et de plus courts colorés.

– Et encore ! C’est pire chez toi ! raconta-t-il.

– Ah ?!

– Bon, reprenons à zéro…

On était à table en train de boire une limonade. Il me parlait de la tauromachie sous toutes les formes, sa culture, de « toro », la « corrida », le « torero » (il disait que j’en étais un de ces spécimens) et que le fanatique à casquette que j’avais rencontré n’était pas un anti-corrida, bien qu’il soit très énervant. Et j’étais très fatigué quand je partis me coucher.

Le lendemain, il me fit commenter la décoration de toutes les pièces jusqu’aux toilettes.

– Alors, ceci ? dit-il en me montrant les petites piques colorées.

– Euh… ? Des b… brochettes !

– Non, ce sont des banderilles. Et ça ? En me montrant le tissu rouge.

– Euh… ? Un m… mouchoir !

– Non, c’est une muleta, la cape du torero. Allons manger.

L’entraînement se poursuivit par un plat traditionnel de Madrid.

– Alors ?

– Hum… une queue de toro !

– Bravo ! Je ne te savais pas si gourmand !

J’eus donc droit à du saucisson de toro, du pâté de toro, de la saucisse de toro et de la viande… de toro.

Après manger, on prit sa voiture pourrie et on s’éloigna encore de Madrid et du château « Plaza de toros » qui voulait dire en fait « La reine des toros de Madrid ».

Après deux heures pendant lesquelles je m’efforçai de dormir, on arriva à une « ganaderia » où paissaient des bêtes à cornes sur des centaines d’hectares. La « ganadera » nous reçut devant un verre de vin (ça aussi, il faudra que je m’y habitue). On passa vite à la visite de l’élevage.

– On ne part pas dans ta voiture pourrie, j’espère ? demandai-je à Manuel.

– Non… puisqu’apparemment, elle est pourrie, répondit-il sèchement.

On partit donc en 4X4. La ganadera nous parlait dans notre langue. Son élevage était du noble Conde de SANTA COLOMA. Et elle critiquait un certain Monsieur DOMECQ.

Emmanuel m’expliqua qu’il s’agissait de races, de souches et d’encastes. Elle nous dit aussi que ses toros pesaient environ 500 kilos. Beaucoup plus que les deux mastodontes !

En 4X4, on allait quatre fois plus vite sur les terrains d’herbes sèches et d’oliviers inondés de soleil, et on s’approchait quatre fois plus des toros. Peut-être même un peu trop car au détour d’un chemin, nous rencontrâmes un de ces animaux qui nous faisait face. Tout d’un coup, il chargea. La ganadera s’agrippa à son volant, fit un crochet inespéré sur la droite et fila en quatrième vitesse.

– Olé ! criai-je, sans trop savoir pourquoi ni ce que cela signifiait.

Avec cette petite visite, on rentra tard chez Emmanuel. Il me dit avant de se coucher que le lendemain, on rentrerait en France.

– Ah ? répondis-je.

Je dormais bien, d’un sommeil de plomb, quand ce crétin d’Emmanuel ouvrit les rideaux.

– Debout ! railla-t-il. On part tôt aujourd’hui, on prend la voiture à 7 H00, prépare tes bagages !

Ce qui était inutile car à part ma tête, je n’avais rien à emporter. Cinq minutes plus tard, j’étais paré, assis à l’avant de la voiture pourrie de mon « manager ».

– Bon, on y va ? lançai-je par la portière.

Trente minutes plus tard, on roulait (doucement) sur l’autoroute pour aller en France. En roulant (doucement), il nous fallut vite prendre de l’essence. C’est alors que le pompiste se précipita sur moi.

– Qu’est-ce qu’il a, lui ? demandai-je à Manuel.

– Il veut faire une photo.

– De qui ?

– De toi !

– Ah ?

Un genre de fanatique quoi. Il me demanda de poser la main sur la pompe et il fit un selfie qui me prit par surprise. La pompe aussi ! Manuel dut payer deux fois plus à cause de l’essence qui débordait par litres entiers !

On repartit donc, ma photo dans les mains. A la prochaine poubelle, elle irait croupir dans les ordures.

Quelques centaines de kilomètres plus loin, alors qu’Emmanuel s’arrêtait pour se dégourdir les jambes, je me mis à la recherche d’une poubelle. Mais à la place, je trouvai une affiche de publicité pour la même marque d’essence, le même pompiste et moi-même posant sur la photo ! Il y avait marqué « Essence Voituro, l’essence du Torero ».

– Je suis célèbre ! dis-je à Emmanuel quand je revins à la voiture.

– Mais non ! Tu es célèbre comme torero ! répliqua mon manager rabat-joie.

– Ah ?

Le voyage vers la frontière entre la France et l’Espagne se passa sans histoire. On arriva bientôt à une ville qui se nommait Nîmes. Là aussi, il y avait un château, mais il était troué.

– Bienvenue aux arènes de Nîmes ! cria Emmanuel.

– Nous allons voir une corrida ?

– Oui et j’ai loué une salle d’entraînement pour que tu t’entraînes à toréer.

– Ah ? continuai-je.

La corrida était prévue pour le lendemain et Emmanuel m’emmena à « l’ Imperator ».

– Nous allons voir l’empereur ?

– Mais non, c’est un grand hôtel, on va voir les matadors.

Il gara sa voiture pourrie devant l’hôtel. Une foule de personnes se massait devant l’entrée. On réussit à se frayer un passage. Dedans, plusieurs toreros se prenaient en photo.

– Manu ! lança une femme.

– Josepha, répondit ce dernier ! Je te présente une amie, m’adressa-t-il, nous sommes dans le même métier.

– Bonjour ! Vous êtes déjà venu ici ? m’interrogea-t-elle.

– Euh, oui, je crois.

– Bon, je te laisse, dit Emmanuel.

Il m’abandonnait celui-là ! Tiens, et si j’allais aux toilettes ? Ça lui fera les pieds et il ne me trouvera pas. Je suivis donc les panneaux.

Les W.C. comportaient une petite fenêtre que j’ouvris car il faisait chaud. Je me lavais les mains quand j’aperçus une tête sortir de la fenêtre. Je l’observai un instant, stupéfait. Tout me revint ! C’était l’anti-corrida qui m’avait poussé contre un arbre à Madrid ! Il était donc en fuite !

Je redescendis en trombe. Aucun Emmanuel en vue ! Je finis par le trouver en train de discuter avec un certain CASAS.

– Oh ! Mais qui voilà ! s’écria ce dernier, un grand torero ! Entre nous, je peux vous faire un prix.

Non mais ! Pour qui il se prenait lui ! J’attrapai mon manager par la manche et l’emmenai plus loin.

– Dis-moi, l’anti-corrida qui m’a poussé contre un arbre à Madrid, on l’a attrapé ?

– Euh, je ne crois pas, répondit-il.

– Alors je peux te dire qu’il est là. Je viens de le voir par la fenêtre des toilettes.

– Tu en es sûr ? s’inquiéta-t-il enfin.

– Sûr.

– Tu en es certain ?

– Certain.

– Ça alors ! Alors, il faut y aller, continua-t-il, on dormira chez toi.

– Chez moi ?!

– Oui.

– Ah ?

Nous prîmes sa voiture pourrie et quelques minutes plus tard, nous étions « chez moi ». La salle d’entraînement se trouvait à côté de « ma » maison et on put partir à pied. Là, je fis des exercices avec un « capote » et une muleta.

Le soir, on rentra chez moi et je m’endormis dans la vaste chambre rouge qui était la mienne. La nuit passa vite.

Après le petit-déjeuner, nous partîmes avec la voiture pourrie d’Emmanuel. Il avait réussi à avoir deux places pour la corrida du matin (ou du midi, puisqu’elle était prévue à 11h30).

A 11H29, la Présidente de la course (bizarre, vu que ce n’était pas un marathon mais une corrida) arriva et à 11H30, le paseo commença.

Mais à cet instant, je reconnus l’anti-corrida de la veille. Il portait un col roulé bleu et un chapeau rabattu jusqu’aux yeux. Mais ce qui fut encore pire, c’est la vue du fanatique au 1er rang avec sa casquette !

Le toro noir sortit et le torero vint le cueillir à coups de capote et…

Il n’y avait que quelques mètres entre les deux personnages et…

Le picador se fit bousculer de plein fouet par le toro et…

Ils étaient à peu près à la même distance de moi et…

Le banderillero planta une paire de justesse et…

Tout rata, les deux semblèrent se reconnaître et…

Tout rata, le torero trébucha devant la bête et…

L’anti-corrida prit une bouteille de Perrier et…

Le toro sauta en contre-piste et…

Il la lança vers moi et… ma tête se mit à tourner, tourner, tourner…

Et je ne sais plus comment je me retrouvai dans l’arène, appelant le toro et faisant une faena magnifique. Ma mémoire était redevenue claire. Tous ces mots bizarres que j’avais appris sonnèrent comme une évidence.

Après l’estocade, Emmanuel se précipita sur moi :

– Fantastique ! Et cette fois, il n’était pas énervé. Tu as retrouvé la mémoire, l’anti-corrida a été arrêté… et tu donnes une conférence ce soir !

– Ah ?

Plus tard dans la soirée…

– Mesdames et Messieurs, je suis très heureux de vous retrouver ici, pour fêter mes retrouvailles avec le monde taurin. Je voudrais remercier les gens qui m’ont permis de retrouver la mémoire (même ce crétin d’anti-corrida) ainsi que mes fans…

Le fanatique agita sa casquette et criant tellement fort que je craignais qu’il ne prévienne ses copains.

– Et tout particulièrement… Emmanuel !

Ah ! Je lui avais cloué le museau, je n’avais pas eu besoin de lui pour finir ma phrase ! Après tout ce qu’il m’avait fait suer !

Le Prix fut remis par Thomas Joubert assisté d’Alain Montcouquiol et de Philippe Caubère (ami du Président de MAYT Jean François Nevière)

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Actualités de la FSTF les parutions taurines

Serge Pey CANTES JONDOS ET PALMAS

Pour un échange d’âmes entre Yván Fandiño Barros et Provechito taureau de la ganaderia de Baltasar Ibán durant la messe du 19 juin 2017 dans l’église Santa Maria d’Orduña. (Tirage courant et tirage de tête).

 

Le torero Yván Fandiño Barros et le toro Provechito de la ganaderia de Baltasar Ibán vont le même jour, le samedi 17 juin 2017, l’un et l’autre, vers la mort.

Serge Pey leur élève un chant de révolte et d’honneur, enveloppant leur mort dans le grand théâtre du monde. Pour l’un et l’autre, pour l’un contre l’autre, l’échange des âmes se fait dans le rythme des Jondos et Palmas. Héa ! Héa !

11 dessins de Serge Pey accompagnent ce chant. Prix : 20€

MERIDIANES Éditions – collection taurine – 6, rue Salle l’Évêque 34000 Montpellier

editionsmeridianes@gmail.com

www.meridianes.fr

tel : 06 12 14 59 61

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Actualités de la FSTF

 

LES SOCIOS, le rendez-vous du 25 FEVRIER 2025

Le rendez Socios de février !
Moments de découverte, de dialogue, de partage et d’aficion…vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre
Le thème présenté le 25 février nous emmènera dans les coulisses de l’élevage et le dressage des Cabestros.. Incontournables au bon déroulement d’une tarde !
Conférence animée par le manadier et écrivain Bernard Fabre
Prenez votre billet d’entrée pour une année complète en allant dans l’ongletdu site « Socios »où vous trouverez comment adhérer:
Une conférence par mois
L’accès en rediffusion des conférences passées
La possibilité de proposer les thèmes que vous aimeriez connaître mieux
i Hasta pronto !

 

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Actualités de la FSTF Articles de presse

TOROS n°2233 du 31 janvier 2025, BENOIT PINCE, nouveau Président de la FSTF

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Actualités de la FSTF Éditoriaux

Le 14 Décembre dernier, le congrès de Rieumes a vu l’élection d’une nouvelle équipe Fédérale.

J’ai eu l’honneur de présenter la nouvelle liste élue.

Une liste rajeunie, féminisée mais comptant toujours nos piliers, à savoir nos prédécesseurs, qui seront là pour nous aider en distillant leurs précieux conseils.

J’en profite une nouvelle fois pour les remercier pour le travail accompli toutes ces années, prônant encore et toujours l’éthique et l’authenticité de la tauromachie, la défense de l’intégrité du taureau de combat sans oublier la pédagogie et la transmission afin de donner un futur à notre passion.

Ces combats continueront d’être au centre de nos préoccupations.

Dans une période où la tauromachie ne cesse d’être attaquée, il est primordial d’être présent face à nos ennemis de l’extérieur et ferme face à ceux de l’intérieur.

Prôner l’union sur la forme est certes une bonne chose, mais la FSTF est là, aussi, pour prôner cette union sur le fond.

Pour que la corrida soit défendue il faut qu’elle reste défendable.

L’intégrité du taureau de combat, l’éthique et l’authenticité de la lidia seront toujours nos priorités.

Nous nous opposerons tant qu’il le faudra aux dérives d’un mundillo prêt à tout sacrifier pour remplir ses arènes, même à faire de la corrida un spectacle comme un autre, ce qu’elle n’est pas, étouffant, reniant et dénigrant la base des aficionados.

Ces professionnels oublient que c’est cette base pourtant qui se mobilise contre les attaques n’hésitant pas à descendre dans la rue.

Pour preuve la dernière mobilisation qui a eu lieu à Nimes, réunissant toutes les tauromachies, est partie de la jeunesse qui seule a su mobiliser.

Cette même base est présente sur les gradins lors des courses qui ne sont pas « bling bling », dans les grandes mais surtout dans les petites arènes, petites arènes et petits spectacles qui font vivre la tauromachie autant, si ce n’est plus que les grandes ferias.

Les premières annonces de ce début d’année ne sont guère rassurantes.

Je ne parle pas, évidemment des annonces de communication à grand renfort de presse et paillettes concernant en réalité des non-événements, mais bien du renoncement de certaines arènes à organiser leur corrida.

Espérons que cela demeure temporaire.

La fédération va se mobiliser sur le sujet des arènes de 3ème catégorie et l’organisation des novilladas piquées et non piquées. Le but étant de créer un modèle économique viable et aider tous ces clubs taurins qui se démènent pour maintenir la corrida dans leurs villes et villages.

Il est indispensable que ces puits d’aficion et de transmission perdurent.

Le bureau fédéral se joint à moi pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2025.

Bonne temporada à tous…..

 

Gardons le contact !