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NOTES DE LECTURE :

 La Cape et L’épée, Itinéraire intime de François Hervé

Le binôme associant comme premier terme le mot Toro est largement usité : Toro et rugby, Toro et salsa, Toro et culture, Toro et journalisme, voire des toros et des hommes. L’explication du tandem est souvent « tirée par les cheveux ».

Ce type d’association incluant les trastos nécessaires au combat dans l’arène est plus rare : La Corne et l’Epée (Laurent Tailhade, 1908), De cape et d’épée (Joseph Peyré,1938).

Ce dernier titre génère dans l’inconscient collectif des septuagénaires l’image du séduisant Gérard Philipe dans Fanfan la Tulipe (1952) ; du bondissant Jean Marais dans Le Capitan (1960), le feuilleton Ivanhoé (1958), dans lequel Roger Moore n’était qu’un chevalier justicier, pas encore James Bond 007.

François Hervé (1) dans son livre « la Cape et l’Épée , Itinéraire intime » explore deux univers, l’escrime et la corrida dont la première de couverture est un véritable totem. La vision du clinicien nous éclaire par un texte personnel et intimiste, introspectif sur ce comparatif improbable.

L’histoire de l’humanité, ses luttes, ses combats, ses guerres et les armes nécessairement blanches, jusqu’à l’avènement de la poudre en Europe au 14e siècle.

L’escrime est devenue un sport, l’épée en est la reine à côté du fleuret et du sabre. L’auteur la pratique encore au niveau national.

La corrida fut découverte par l’écriveur à Bayonne l’été 1977. Un des faubourgs de la cité basque est Saint Esprit des Landes, berceau de la corrida en France.

« La providence n’est-elle pas le nom de baptême du hasard », Sébastien Roch Nicolas de Chamfort.

Loin d’un plaidoyer ou d’un manifeste, deux univers se télescopent, s’entrechoquent mettant en lumière le combat, le rapport à la mort, la transmission…

Quelques florilèges de vocabulaire : « septime ou octave » (type de parade en combat) n’a rien à envier à ladeada ou desprendida.. « On ne choisit pas l’escrime de l’adversaire », on s’adapte cada toro tiene su lidia.

Le maître d’armes et le parrain d’alternative, le doctorat es-tauromachie, échangent ici la cape et l’épée…

À lire pour un prisme inattendu sur notre passion.

Jacques Lanfranchi « El Kallista »

membre UBTF et vice-président de l’AMTA

La Cape et L’Épée, itinéraire intime de François Hervé 23 euros chez l’auteur 16×24 269 pages mars 2026 renseignements par mail : francois.evreh@gmail.com

  1. Psychologue, Addictologue, En barrera ombre à Vic depuis 1979
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Le dernier torero

En début d’année 2023 paraît un roman intitulé le dernier torero sous la plume de Camille de Villeneuve aux éditions Gallimard.

Cet ouvrage a fait l’objet à juste raison de critiques flatteuses bien au delà de la presse taurine et vit sa vie dans le monde de l’édition.

Un évènement étonnant tout récent le fait resurgir un an après sa parution puisqu’il a été l’objet d’un reportage traitant de la corrida dans l’émission religieuse Présence Protestante sur France 2.

Marion Muller Colard, théologienne, reçoit Camille de Villeneuve autour des références bibliques présentes dans l’ouvrage évoquant notamment le rapport à la mort. Le témoin taurin de l’entretien sera Thomas Dufau, torero retraité et intime de l’autrice. Suivent des images des arènes du Plumaçon où Thomas supervise le toreo de salon de Clovis Germain, tout jeune novillero.

Voici le texte de la quatrième de couverture : Sandra est une des rares femmes toreros. Elle a toréé dans les arènes les plus illustres, jusqu’au terrible coup de corne qui l’a laissée à terre. Décidée à reprendre les combats, elle retourne voir un toro qu’elle a gracié autrefois, dans une ganaderia où il coule une retraite paisible. Après avoir eu un long dialogue silencieux avec lui, peut-être pourra-t-elle repartir à la conquête des arènes ? L’écriture souple et nerveuse de Camille de Villeneuve nous fait pénétrer avec subtilité dans le monde complexe de la corrida, loin du folklore taurin et des déclarations radicales que ce sujet suscite d’ordinaire. L’amour, l’engagement, le désir, le courage s’incarnent dans le laboratoire circulaire de l’arène où s’affrontent les passions, où se nouent les destins. Ce roman, d’une grande liberté de ton et de pensée, n’est pas un plaidoyer pour la survie du rite tauromachique, mais un constat mélancolique sur l’aveuglement volontaire d’une modernité qui ne veut plus regarder la mort parce qu’elle ne sait plus aimer la vie. 

Comme quoi le thème de la corrida peut être évoqué sans manichéisme là où on ne l’attend vraiment pas ; merci au lanceur d’alerte qui nous a signalé ce fait, affaire à suivre…

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NOTES DE LECTURE
Par ces temps caniculaires, repos à l’ombre et lecture font bon ménage.
L’âge de pierre de la Tauromachie française (ou des Pierre) s’étend de 1897 à 1958, Pierre Cazenabe « Felix Robert », Pierre Pouly « Pouly III », Pierre Schull.
L’âge de bronze débute avec Robert Pilès, jusqu’à Patrick Varin, pour Maxime Ducasse, ce sont les anciens, les aînés ceux que l’on respecte…
Né en 1964, le nîmois va également cotoyer Swan Soto, Fernandez Meca, Denis Loré, Bernard Carbuccia.
Très rapidement il devient banderillero, par lucidité.
« Maxime » va actuer pour ces toreros, mais aussi « tras los pirineos » Eduardo Davila Miura et « Rafael Rubio Rafaellilo»  pendant 30 ans.
Les hommes vêtus d’argent sont souvent aussi discrets qu’efficaces et précieux.
Appellation que l’on peut donner à ce Road Book, ce journal de bord, ce carnet de campagne qu’a tenu Maxime durant ces 30 années, où il a officié dans « la Cour des Grands ».
Ce type d’essai est très rare par un professionnel de la Tauromachie. Seul Jean Cau « Les oreilles et la queue » (1) et Joël Jacobi «  Trois jours en France » (2) l’ont tenté, mais avec le prisme de l’ « aficionado a los toros ».
Le ton est clair, avec l’humour adéquat, les jeunes diraient cash ! À voir : « on pourrait porter des montres qui indiquent seulement deux heures ; celle du sorteo, celle du paseo ».
Voire « les confrères on les croise sur deux surfaces : le goudron des parkings et le sable des arènes ».
Un monde hermétique, que certains aficionados veulent pénétrer en vain. Les manies, les marottes, voir les cuentos.
A mezzo voce, comme les conversations sur la course, l’art de parler d’un triomphe ou d’un pétard avec justesse, philosophie et franchise.
La confrérie des picadors qui parlent chevaux et cuadras, celle des chauffeurs qui discutent chevaux vapeur et marques, les banderilleros qui parlent entre eux ou par geste au Maestro. Le chef d’orchestre de l’ombre : le mozo…
Allez une clope, un café, on sort du patio de caballos, Vous suivez Max, c’est le paseo !
La Cour des Grands, par Maxime Ducasse
Faena préfacière de catégorie supérieure de notre Jacques Durand national.
In Octavo (20×13) Éditions le Diable Vauvert (avril 2023) prix 22 euros.
Jacques Lanfranchi « El Kallista »
archiviste Société taurine fédérée « Les amis du musée taurin d’Arles »
le 12 juillet 2023
crédits photos
1 collection personnelle
2 Librairie Teyssier Nîmes
3 collection Cosme
Bibliographie :
  1. les Oreilles et la Queue, Jean Cau 1961 Éditions Gallimard
  2. Trois jours en France, Joêl Jacobi 1998 Faena n°4
A noter le titre de l’ouvrage, en 4ième de couverture se découvre en faisant bouger le bouquin !

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