Fédération des Sociétés Taurines de France

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Saragosse 9 octobre : le sens perdu de la corrida concours

Une corrida concours a comme enjeu de primer l’élevage du taureau le plus complet dans les trois tiers. Elle a aussi un rôle pédagogique pour les spectateurs en leur montrant l’importance et la beauté du premier tiers.

La mesure de la bravoure ne se limite au nombre de piques mais à la façon qu’a le taureau de se comporter sous le fer. C’est ce qu’ont oublié les maestros à la concours de Saragosse.

Un exemple, Morenito de Aranda, que j’ai vu ailleurs plus inspiré, met le 6 de Salvador Gavira García, quatre fois au cheval : trois simili piques très légères, la dernière idem avec la pique de tienta. El Cid place le faible 5 de La Palmosilla au centre pour une troisième rencontre alors qu’il s’est affalé à la première et est sorti immédiatement à la seconde. Ferrera au 4, un Peñajara, qui ne montre aucune bravoure sur trois premières piques, le place au centre pour une dernière. Après une longue hésitation le pauvre taureau s’élance, puis tombe.

Conséquence : ce que le public applaudi n’est pas la bravoure, mais le nombre de piques et la course du taureau.

Pour le reste de la corrida, je ne retiens que des droites main basse d’El Cid au 5 qui lui valent une oreille généreuse. Ferrera fait une vuelta au 1, pour moi silence. Morenito de Aranda ne peut rien faire sur le sobrero 3bis de Salvador Gavira García décasté qui refuse le combat. Il s’accorde une vuelta contestable au 6 de trop peu de charge.

Le prix, qui pour moi aurait été desierto, est accordé à ‘Azulito’ de la Palmosilla, à coup sûr le meilleur taureau au troisième tiers, mais trop faible, ne transmettant pas, à genoux deux fois durant la lidia, souffreuteux à la pique.

Seule la musique a donné un semblant d’alegría à l’ensemble.

Daniel Garipuy

photo Jacques Sevenier JIES Arles corrida concours septembre 2009, quatrième rencontre Prieto de la Cal

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https://www.calameo.com/books/0059944325ba807b64b61?authid=47YiwqLbmoEc

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Édito d’Octobre 2024  : Le lexique taurin se modernise par Daniel Garipuy

En matière de commentaires taurins, l’objectivité n’existe pas. A la sortie des arènes les avis sont en règle générale partagés, source de débats enflammés. Mais à quelques exceptions près, dont les deux revues françaises Toros et ToroMag, les reseñas de la presse taurine versent trop systématiquement dans le dithyrambe et dans l’atténuation de ce qui s’est passé comme si la réalité pouvait gêner. Pour certaines dont l’une des plus lues, Mundotoro, il suffit de savoir qui les finance pour le comprendre. Pour d’autres à l’audience plus limitée, on peut penser que leurs revisteros hésitent à se monter critiques vis-à-vis de leurs copains du mundillo, ou plus trivialement qu’ils sont soucieux de conserver leurs places dans le callejon.

Mais pour qui sait lire entre les lignes, quelques euphémismes nous mettent sur la voie. En voici un florilège qui pourrait nourrir un lexique taurin moderne.

Côté toreo

Toreo prudent : fuera de cacho et sur le pico,

Toréer sur les bordures : toréer fuera de cacho,

Le travail du torero n’a pas eu d’écho sur les étagères : on s’est ennuyé ferme,

Le toro ota toute transmission à son trasteo : le toro a dominé, le torero a été débordé.

Pour le moment de vérité

Estocade habile : julipié qui est au mieux bas, en fait le plus souvent un bajonazo,

Une lame plus efficace qu’orthodoxe : un vilain bajonazo,

Conclusion laborieuse : façon de passer sous silence le nombre d’estocades ratées,

Ou encore : le torero s’est un peu égaré les armes à la main, les aciers n’ont pas été exemplaires, la mort ne fut pas à la hauteur, une mise à mort approximative…

En matière de présentation et de comportement du toro

Toro commode de tête : un taureau cornicorto ou brocho,

Toro « très » commode de tête : soupçon avéré d’afeitado,

– Une variante, des défenses sans excès : un toro sans cornes,

Toro collaborateur : toro soso qui bouffe la muleta bêtement, on s’ennuie ferme,

Toro partenaire : comme le précédent. Aucune émotion. Où donc est l’éthique ?

Toro discret au cheval : toro peu ou pas piqué,

Toro modeste sous le cheval : même chose,

Manque de transmission : toro de jeu limité, de peu de fond, sans force ni combativité,

Toro juste de force : faible voire invalide,

Toro intoréable : toro qui se défend,

Le torero a indulté le toro : non, c’est le palco qui décide la grâce.

D’une façon systématique la faute d’une faena inaboutie est reprochée au toro et jamais au torero, la faute souvent à un toro qui n’offre pas d’options la préférence étant donnée à un toro qui sert, qualifié parfois de toro avec de la classe ce qui veut dire qu’il charge sagement la tête fixe.

Cette énumération est loin d’être exhaustive mais, derrière les mots, elle illustre et accompagne le glissement actuel vers l’affadissement du toro, vers le triomphalisme, in fine, vers la corrida spectacle.

Vous pouvez enrichir ce lexique des euphémismes, périphrases et autres litotes que vous rencontrez au fil de vos lectures.

N’hésitez pas à nous apporter vos contributions à l’adresse suivante:

mailto:etatsgenerauxdestauromachies@gmail.com

Daniel Garipuy

 

 

 

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Hommage à Roger Merlin

C’est à l’initiative de Vidal Perez Herrero, directeur des éditions Temple à Madrid qu’a été rendu un hommage à Roger Merlin qui fut président de la FSTF pendant 15 années.

Ce moment d’émotion et de convivialité a eu lieu le samedi 21 septembre 2024 à Bayonne en présence de Nicole Vergara sa compagne et d’une forte affluence dans les locaux de la Peña Taurine Côte Basque dont le président, Georges Lecloux, animait la soirée.

Accompagnaient Vidal et sont intervenus : Juan José Urquia, président de l’association des vétérinaires de Las Ventas, Olivier Baratchart, directeur des arènes de Bayonne, Diego Ramos, artiste peintre, François Zumbiehl, directeur culturel de l’Union Latine et moi même.

Vidal Perez Herrero avait aussi tenu à ce qu’un hommage d’amitié et d’afición à Roger figure en bonne place dans la AGENDA TAURINA 2024.

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In memoriam : Patrice Sifflet nous a quittés

Avec un trop grand retard mais toujours empreints d’une intense affliction, nous rendons compte de manière plus conséquente du décès de Patrice Sifflet, membre éminent de notre Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF), survenu à Béziers, le jeudi 11 juillet 2024, à l’âge de 76 ans.

Avec lui se sont éteints :

– Un dévouement inaltérable au syndicalisme qu’il a pratiqué et développé au sein des PTT et à côté du Secrétaire général de Force Ouvrière, son formidable ami, Marc Blondel.

– Un attachement territorial et cordial à Béziers, ville taurine, qu’il a pris, après Paris, avec toute sa famille, comme lieu de résidence définitif.

– Un attachement actif et fertile au département de l’Hérault dans lequel il exerçait sa solidarité envers les retraités en qualité de secrétaire de l’Union des Retraités FO et son militantisme au sein de la Fédération départementale de la Libre Pensée.

– Une solide et savante passion pour les toros qu’il savait faire découvrir et partager avec tous.

– Un dispensateur d’amitiés et de bonheurs collectifs, une inépuisable générosité.

Son afición était ancienne, elle procédait d’une découverte collective lors de séjours de vacances familiaux en Espagne, proposés par leur comité d’entreprise à de jeunes employés des PTT parisiens dont sa famille et lui faisaient partie. Voici ce qu’ils ont raconté dans leur bulletin, Paris Afición : « À la fin de l’été 1986 une poignée d’amis “aficionados a los toros” décide de créer un club pour vivre leur passion, tout au long de l’année […]. Loin des arènes, il s’agit de se retrouver, une fois par mois, autour d’un invité espagnol ou français, et de mettre l’hiver à profit pour « en savoir plus ». Toutes origines confondues, les membres du club sont une grande famille. »

Parmi les membres fondateurs de “cette grande famille”, si chère à leurs cœurs, il y avait Patrice Sifflet et Marc Blondel. Le nom du club, “La Querencia de Paris” était tout à fait bien trouvé. C’était enrichir, compléter, rajeunir et populariser l’afición parisienne qui n’était alors représentée que par le vénérable “Club Taurin de Paris” crée en 1947 et qui recrute principalement chez les intellectuels et les universitaires.

C’est lors du 81e congrès de la FSTF, organisé à Béziers en octobre 1997 par le club “Tendido7“, présidé par Pierre Rougeot, que “La Querencia de Paris” a manifesté son adhésion à la Fédération des Sociétés Taurines de France. Déjà, le frère aîné de Patrice Sifflet avait quitté Paris pour vivre sa retraite dans l’Hérault à Marseillan, près de Sète et non loin de Béziers. Le reste de la famille s’apprêtait à venir vivre à Béziers.

Les 28 et 29 octobre 2006, en coïncidence avec la fête de son 20e anniversaire d’existence, La Querencia de Paris recevait et organisait à Paris, sous la parfaite diligence de son président, Patrice Sifflet, le 90e congrès annuel de la Fédération des Sociétés Taurines de France. Peu de temps après, son président et nombre de ses membres avaient quitté Paris pour venir vivre dans l’Hérault.

Après avoir créé et présidée la Querencia de Béziers, adhérente elle aussi à la FSTF, c’est aux environs de 2010 que Patrice Sifflet fusionnait son club avec l’Union Taurine Biterroise (UTB) dont il devenait militant actif et dévoué si bien qu’il fit rapidement partie du comité directeur de cette association. Il apparaissait encore au sein de ce comité en février de cette année 2024, très élégant, avec lunettes, gilet noir, chemise de couleur bordeaux avec manchettes bleues, comme le montre la photo visible sur site de l’UTB.

Il a toujours poursuivi et entretenu d’excellents rapports avec la FSTF. Ainsi en 2013 il rejoignait notre Corps des Présidents et Alguazils de Corridas créé en novembre 2012 et placé sous la responsabilité du biterrois André Roques.

Le colloque du 4 octobre 2016, organisé au Sénat à Paris par l’Union des Villes Taurines de France avec l’appui du président Gérard Larcher, réunit le monde des tauromachies, de l’agriculture, de la chasse et toutes les filières en butte aux attaques des milieux végans et animalistes, et aussi les défenseurs des traditions culturelles et gastronomiques locales et des langues régionales. En conclusion de ce colloque la charte Esprit du Sud est publiée. Une association “Esprit du Sud” se réplique progressivement sur le même modèle dans chacun des départements de nos trois régions du sud : Nouvelle Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’azur. Le 15 février 2017, l’Esprit du Sud 34 se constitue dans l’Hérault, Patrice en est choisi comme président. Ceci le mobilise, en octobre 2022, quand les députés Aymeric Caron & Cie produisent la proposition de loi n°329 visant à abolir la corrida. Patrice défend alors brillamment la corrida dans la presse héraultaise et participe à une victoire qui obligera Aymeric Caron à retirer piteusement son projet de loi.

Enfin, nous sommes assez nombreux à la FSTF qui, à compter du début des années 2000, avons eu le bonheur de festoyer, lors des ferias du 15 août à Béziers, au Patio de caballos, nom de la bodega privée sise dans la demeure biterroise de Patrice Sifflet. Y étaient invités tous ceux de la Querencia de Paris et, plus largement, tous les amis de Patrice. Les abondantes tapas et boissons, la musique sonorisée, prenaient place dans le jardin. S’il faisait beau temps, il pouvait s’y trouver plus de 200 personnes. Il fallait aller visiter, au sous-sol, une pièce teintée de sang et d’or, aux murs couverts d’affiches de corrida et de portraits de toreros. Nous étions là dans l’esprit qui faisait de Béziers une Séville française. Patrice rayonnait d’un bonheur communicatif et était heureux de rendre les autres heureux. Il faisait de l’amitié et de la générosité un art de vivre.

C’est avec une profonde tristesse que, Dominique Valmary, président de la FSTF, les membres de son Bureau et tous les aficionados appartenant à ses sociétés taurines, assurent à Mme Geneviève Sifflet, son épouse, M. Florent Sifflet, son fils, et toute leur famille, de leur profonde sympathie. Qu’ils sachent bien que Patrice ne cessera jamais de vivre dans leur souvenir.

Jean-Jacques Dhomps 

photo Hugues Bousquet

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ARLES CORRIDA DE VALVERDE

Belle tarde de toros pleine d’émotion à Arles ce jour:
Les toros de Valverde, magnifiques de trapio, tous cinqueños avec le moteur et le sentido de toros de 5 ans, attentifs à tout ce qui se passait autour de l’arène et sensibles au moindre geste dans le callejon ou au moindre coup de cape des peons. Donc pas forcément faciles à lidier.
Juan de castilla montre les deux facettes de son toréo: les gestes osés qui portent sur le public à son premier: entame à genoux et manoletina à genoux aussi, mais il échoue à l’épée. Son second sera le seul toro faible du lot devant lequel il mènera une lidia plus classique, mais à nouveau il tuera mal.
Jesus Enrique Colombo travaille lui aussi dans le spectaculaire à son premier, avec un quite par zapopina puis aux banderilles qu’il pose lui-même en portant sur le public. Son toro est plus noble que celui de Castilla, un peu plus réservé à gauche mais lui permet de terminer par des luquecinas malhaureusement après un pinchazo et un mete y saca sans muleta l’entière concluante ne lui permettra pas de recevoir l’oreille réclamée par le public mais refusée par la présidence. A son second, dangereux, qui saute dans les véroniques et à la faena n’acceptera que des passes de châtiment, l’estocade au deuxième essai sera superbe même s’il est pris et subit un choc apparemment sans conséquences et lui vaudra l’oreille du courage.
Solera réalise à son premier le travail le plus remarquable de la tarde: le toro est noble, et sa lidia est exemplaire avec un très bon tercio de piques mené par Jean-Loup Aillet, la première poussée jusqu’aux barrières la seconde plus légère mais chargée de loin. Comme le toro a de la fixité dans le leurre, la faena est très classique, menée avec classe en musique. Malheureusement la première épée a recibir tombera en bajonazo la seconde en place étant concluante. A son second presque aussi dur que le cinquième, il infligera 4 piques menées par Pons Puchano et il arrivera à tirer des passes à un toro compliqué et difficile. La pétition sera importante, mais la présidence estimant que la faena n’avait pas été assez structurée refusera l’oreille et il devra se contenter d’une vuelta. Mais on aimera le revoir!
Une très bonne tarde et les absents encore une fois ont eu tort!
Amicalement,
Jean-Yves Blouin.

reportage

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ARLES GOYESQUE GARCIGRANDE

Tout était prêt mais le vent a troublé la fête : d’abord en balayant les copeaux multicolores qui décoraient la piste pour illustrer la palette de Goya et on est revenu au sable traditionnel ; puis en gênant considérablement les toreros notamment en début de corrida avec de fortes rafales.
Les toros de Garcigrande n’ont pas relevé la réputation de l’élevage depuis le début de la saison, seul le 6ème sortant du lot et permettant à Castella une belle faena couronnée d’une grande épée et de 2 oreilles.
A son premier compliqué et impossible à gauche, Ponce arrive à tirer 2 séries de derechazos et tue très prudemment par l’extérieur après 2 pinchazos. Cela va mieux à son second, collaborateur d’une grande noblesse qui lui permet de sortir tout son répertoire avant que le toro ne finisse par se réserver. Malgré un pinchazo suivi d’une entière, l’oreille sera exigée par le public et accordée. Le cinquième, regular lui permettra encore de montrer sa technique et sa connaissance des toros et de recueillir la deuxième oreille valant sortie en triomphe. Une despedida sans doute réussie, le moment le plus émouvant pour lui ayant peut-être été les danses traditionnelles camarguaises offertes en ouverture de la tarde. (On ne peut s’empêcher d’évoquer Bilbao).
Castella, qui a sorti un vestido bleu avec les étoiles, tombe sur un second très mobile et encasté qu’il maitrise par des doblones liés jusqu’au centre et domine tout au long d’une bonne faena bien lidiée. A l’estocade, une demie épée dans le rincon lui vaut sa première oreille. Le quatrième est accueilli par des statuaires superbes, la main sur la talanquère et se voit dominé dans une faena bien menée mais il finit par donner des signes de faiblesse et par se réserver. L’(estocade à l’encuentro tombe basse ne permettant pas le triomphe.
C’est au dernier bien vu d’entrée qu’il fait peut piquer, que Castella montre son sens de la lidia : Bien sûr il commence par ses passes changées dans le dos (après tout c’est lui qui les a remises à la mode il y a presque 20 ans), mais surtout il domine un toro encasté et mobile dans des séries parfaitement liées terminant par des circulaires inversées et des bernadinas avec l’épée de muerte. L’estocade en place et foudroyante vaut 2 oreilles méritées.

Jean-Yves Blouin.

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Les indultos et la mort de la corrida.

Le RTMF mentionne l’indulto dans 2 articles, le 73-10 et surtout le 84 : “la grâce peut être accordée si le taureau a eu un excellent comportement dans les trois tiers“. L’ancienne mouture précisait “notamment en prenant les piques avec style et bravoure“.

Au-delà des aspects réglementaires la multiplication des indultos en Espagne (mais aucun dans les arènes de première catégorie) et malheureusement presque partout en France pose un problème majeur.

Sans la mise à mort le rite et le sens profond de la corrida sont perdus

La seule justification de l’indulto doit demeurer celle de préserver comme reproducteur un taureau absolument exceptionnel tout au long des trois tiers, un taureau puissant, brave, mobile, encasté. La grâce doit être rarissime à l’inverse des excès actuels qui ouvrent la voie, même si leurs auteurs n’en ont pas conscience, à une corrida qui dépourvue de la suerte suprême n’en serait plus une.

Nous devons dénoncer avec vigueur les excès actuels. C’est un combat essentiel à mener sans concession, en sachant qu’il va à l’encontre des intérêts des matadors, des éleveurs et des empresas.

Une proposition simple permettrait vraisemblablement de limiter le nombre des indultos : en l’absence de mise à mort, puisque la lidia n’est pas allée jusqu’au bout, pas de trophées pour les matadors hormis une vuelta al ruedo.

Daniel Garipuy

 

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Editorial du mois d’Août par Daniel Garipuy, membre du bureau

LE NOUVEAU REGLEMENT TAURIN !

En préambule du nouveau règlement adopté en 2024 par l’UVTF nous proposions d’inclure une contribution que notre ami Francis Wolff avait eu l’amabilité de nous communiquer : « A une époque où les tauromachies sont de plus en plus critiquées pour des raisons morales, il convient de rappeler que le Règlement Taurin n’est pas la simple formulation des règles techniques d’un jeu ou d’un sport, mais la conséquence inéluctable de quelques normes éthiques sur lesquelles repose la corrida. Celle-ci est un combat inégal car elle illustre la supériorité de l’intelligence humaine sur la force brute. Mais ce combat serait injustifiable s’il n’était pas loyal. Cette loyauté doit d’abord se manifester dans le traitement du taureau, dont l’intégrité physique et morale doit être respectée de la naissance à la mort. Elle doit aussi se manifester dans toutes les phases du combat au cours duquel le taureau doit pouvoir exprimer librement ses instincts d’attaque et de défense. Elle doit enfin se manifester dans les actions de l’homme, lequel doit, selon l’expression consacrée, tromper son adversaire sans jamais lui mentir. Et toutes ces normes reposent sur un principe éthique fondamental : seul celui qui met sa vie en jeu a le droit de tuer l’animal respecté».

Dommage que ce beau texte n’est pas été retenu, car il résume parfaitement toute l’importance dudit règlement.

Nous nous sommes déjà exprimés sur le fond des modifications introduites dans le nouveau règlement en considérant que pour l’essentiel elles constituent un recul par rapport à l’ancienne mouture. Mais revenons sur la méthode. Il est indiqué sur le site de l’UVTF que ledit règlement est actualisé chaque année en concertation avec l’ensemble des acteurs de la filière et les représentants de l’afición. Malheureusement force est de constater que ce n’est pas le cas. Notre fédération aidée par des dizaines d’aficionados a suite aux États Généraux des Tauromachies beaucoup travaillé le sujet et fait des proposition précises sur l’ensemble du texte que nous devions discuter avec l’UVTF. La première réunion commune a eu lieu le 22 avril 2023. Sur les 92 articles du règlement elle a seulement permis d’examiner les 19 premiers, avec il est vrai déjà d’importants désaccords. C’est à l’évidence la raison qui a conduit l’UVTF à rompre le débat en ne convoquant plus aucune réunion. C’est son droit le plus absolu, mais alors qu’elle assume et ne prétende pas que le règlement est établi en concertation avec les aficionados. Le dernier mensonge de l’UVTF inventant une prétendue indisponibilité de notre président, d’autant plus absurde que notre direction est collégiale et qu’il n’avait pas participé à la première réunion, n’y changera rien.

Daniel Garipuy

pièce jointe : le communiqué de la FSTF du mois de juin 2024

2024 06 communiqué sur RTMF copie (1)

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Edito de Juillet  par Benoît Pince

Lors du dernier congrès fédéral je terminais mon intervention en soulignant « l’intégrité du taureau de combat doit être la base de ce que nous devons défendre demain… ». Quelques mois sont passés et après les premières « Grandes » ferias, force est de constater que nous avons encore franchi un Cap dans l’indécence et l’outrage à la Fiesta Brava.

Une grande majorité des taureaux sortis dans ces arènes ont souffert du nouveau mal qui gangrène la tauromachie à savoir la « bolita » (fait de faire tomber la pointe de la corne). Je dis nouveau, mais il faudrait plutôt réellement parler d’afeitado légalisé. Ce qui n’est pas nouveau malheureusement.

La généralisation des fundas a malheureusement accentué cela. Faites pour protéger l’intégrité des cornes au départ, elle permet aujourd’hui la facilitation de la bolita imposée par un mundillo corrompu.

Car la manipulation de cornes, faut-il le rappeler, est strictement interdite par le règlement dans n’importe quelle catégorie d’arènes à l’exception d’une certaine tolérance donnée sur des Becerrada ou classe Pratique.

Ce constat ne s’arrête pas aux arènes de première, Istres et surtout Saint Sever dernièrement (pour ne citer qu’elles) ont été le théâtre de ces débordements de convenances avec l’assentiment de tous. Il ne s’arrête pas non plus à la catégorie du spectacle car outre les corridas formelles, cela touche aussi les novilladas. L’exemple de celles d’Arles en est un exemple désespérant. Mais Nîmes n’a pas été en reste non plus.

Empresas, toreros, ganaderos et surtout commissions taurines, normalement garante du respect du règlement taurin en vigueur, sont devenus les complices de ces agissements en fermant clairement les yeux sur ces pratiques connues de tous, ou pire en donnant leur aval pour « humaniser » les cornes.

Jusqu’à quand ces agissements seront passés sous silence.

Ne reste-t-il donc pas des aficionados consciencieux, exigeants et courageux au sein de ces commissions pour faire éclater ces scandales au grand jour.

Bien sûr qu’il en reste, mais ils dérangent …

Car il est bien évident qu’il ne faut pas compter sur les instances qui chapeautent la tauromachie pour soutenir les aficionados dans ce combat. L’UVTF comme l’ONCT n’ont que faire de ces broutilles qui contrarient une partie des aficionados, trop occupées à gérer leur près carrés et remplir les arènes de leur ville à n’importe quel prix.

Retirer la participation de l’UVTF à la corrida odieusement dépointée de Saint Sever aurait été un geste fort.

Reste à espérer qu’un prélèvement aura été demandé et effectué.

Mais, en tout état de cause, à quoi bon… N’oublions pas que l’UVTF refuse de diffuser le résultat des prélèvements de cornes qui se font (ou devrait se faire) dans toutes les corridas. Interdit aussi aux participants de ces analyses de dire quoi que ce soit en signant une clause de confidentialité en arrivant. Et pourtant les fait sont là une grande majorité des cornes analysées sont victimes de la bolita.

Drôle de procédé lorsqu’on sait que ces analyses sont justement là pour renforcer l’authenticité et les valeurs de la fiesta par le contrôle de l’intégrité du Taureau Bravo.

Après les cornes l’UVTF continu son combat sur la désinformation et la mise à l’écart totale des aficionados dans les instances dirigeantes. La Validation unilatérale du nouveau règlement taurin en est la preuve. Mais cela fera l’objet d’un autre édito.

A ce rythme pas besoin d’attaques extérieures, le mal est à l’intérieur et nous ronge doucement.

Remplir les arènes c’est bien.

Défendre la tauromachie est une autre paire de manche.

Quelle corrida voudrons-nous défendre demain ?

Après le triomphalisme effréné et ridicule, la perte de la diversité des encastes, l’affadissement de la race du taureau de combat et des figuras actuelles, la généralisation et la banalisation de l’afeitado sera peut-être le coup de puntilla final à notre passion.

Nous n’en sommes qu’à moitié de temporada, espérons que la suite ne soit pas aussi navrante et révoltante. Dans toutes les arènes, toutes les catégories de spectacle, le respect du taureau de lidia doit être une priorité non négociable.

Et aux aficionados de se soulever et dénoncer ces faits partout où cela sera constaté.

Les moyens de communication actuel nous permettent de donner un écho majeur à nos revendications. La FSTF se tiendra toujours auprès d’eux fidèle à sa ligne de conduite pour défendre l’éthique et l’authenticité de la fiesta.

La corrida restera défendable tant que l’on protègera l’intégrité du « TAUREAU DE COMBAT ».

Benoît PINCE

vice- président FSTF SUD -EST

photos Benoit Pince

Gardons le contact !