Fédération des Sociétés Taurines de France

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Capital génétique, diversité biologique, etc…

Sans trop d’illusions les aficionados sont suspendus à l’annonce de l’offre qui dessine la saison 2024. Il est vrai que la présentation des cartels se fait de plus en plus tôt ce qui permet de se faire une idée de ce que sera la temporada à venir.

Côté bétail, les toros sont reseñés à quelques unités près d’où une photo réaliste de l’état du marché.

Sans illusion de notre part la domecquisation de l’offre étend son influence au pas de charge et au détriment des encastes quantitativement minoritaires.

Une excellente étude de la situation conduite par Thomas Thuriès, créateur et mainteneur du site qui fait référence Terres de Toros expose l’évolution de la diversité génétique de la cabana brava . La FSTF a en a eu la primeur, que son auteur en soit ici remercié.

Il démontre que de 1940 à 2024, la constellation Domecq est passée de 2 % à 62 % du marché et il en décrit en détail tout le processus. Mais il va plus loin dans l’analyse lorsqu’il pousse l’exigence à comparer l’évolution du cheptel selon les deux champs que sont la sortie en piste et la situation démographique au campo

Sans surprise la diversité d’encastes est bien plus développée dans les élevages que dans les arènes. Les résultats sont édifiants : en 2023 seulement 5 encastes sont sortis en piste contre 29 présents dans les élevages. Ce sont les 2/3 des encastes qui sont en voie d’extinction.

Il en va ainsi de l’appauvrissement pour ne pas dire de l’effondrement du capital génétique du toro bravo alors que la diversité biologique est brandie comme étendard par les autorités taurines pour défendre la tauromachie.

Nous sommes d’accord avec elles pour affirmer que « la diversité des encastes est l’âme et la justification de la corrida ».

Mais si toute personne informée et normalement constituée conviendra que la disparition programmée de tant de richesses biologiques n’est pas une bonne nouvelle, on attend la réponse des personnes autorisées puisque 100 % des responsabilités sont du ressort du mundillo.

Avec la Copa Chenel l’Espagne a su jouer sur deux tableaux et faire coup double lorsqu’elle mise sur les élevages et les jeunes toreros hors circuit commercial. À ce jour pas la moindre réflexion, amorce ou initiative en France, le silence est lourd de sens.

Dominique Valmary

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          Qu’est ce qui peut pousser une quarantaine de personnes de 13 à 77 ans venus de Bayonne ou Saint Martin de Crau par un samedi de novembre très pluvieux et particulièrement venteux à se réunir à Nailloux ? Le symposium du Corps des Présidents et Alguazils de Corrida qui y est organisé, bien sûr ; mais pas que.

Mais non, ce ne sont pas des Calimeros qui seraient nostalgiques d’un passé qui ne se rattrape jamais. Derrière les travaux de ce groupe d’aficionados il y a leur engagement à construire un avenir durable pour les tauromachies.

En évoquant la situation du rejon, l’éditorial paru le 2 novembre dans Mundotoro leur donne du grain à moudre. Le constat est glacial : l’élitisme consacré dans l’ exceptionnelle carrière de deux cavaliers qui n’ont jamais voulu se rencontrer est salué par l’auteur mais il aura eu en retour pour conséquence la rupture dramatique avec les pueblos et le public populaire. En Espagne perte en quelques décennies de 65 % des places offrant du rejon, en France d’une vingtaine de spectacles on passe à sept…

Jamais le regrettable effacement du toro devenu le faire valoir du cavalier n’est évoqué comme s’il n’était devenu qu’un accessoire, sachant que c’est cette évolution qui a contribué fortement à l’éloignement des aficionados de la corrida à pied.

N’y a -t-il pas là un avertissement ? Cela devrait amener à réfléchir sur l’évolution de la corrida à pied (voir nos éditos de septembre et octobre 2023) dont les statistiques sont trompeusement interprétées comme bonnes, la situation est en réalité tendue dans les arènes de troisième catégorie qualifiées à tort de « petites ». Alors que c’est là que naît et s’exprime l’aficion populaire, c’est là que s’entretient le bénévolat et, plus grave, c’est là que s’organisent les novilladas en particulier sans picadors.

Non les membres du CPAC, les SOCIOS de la FSTF, les clubs taurins fédérés ne sont pas des Calimeros, ils ne sont que réalistes et savent se projeter. Ils savent que le maintien des tauromachies passe par le respect de l’éthique et de l’intégrité du taureau. Ils savent que c’est le taureau qui produit l’émotion la plus profonde.

La tauromachie française possède des atouts que n’ont pas nos cousins ibères – l’engagement militant sans faille de l’associatif taurin, le respect du toro de combat par la défense du tiers de pique, plus de vingt ans d’analyse de l’état des cornes, une génération de jeunes aficionados qui monte en responsabilités – de quoi espérer des jours meilleurs. Il y a là tant de richesses qui ne demandent qu’à être cultivées.

Messieurs les décideurs ne ratez pas le coche !

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          Si présider une corrida n’a jamais été une sinécure, le triomphalisme ambiant rend la tâche plus délicate encore. Il faut, certes, se réjouir de voir nos arènes se remplir à nouveau après les menaces que les menées des antis ou les effets de la pandémie ont fait peser sur notre passion. Mais doit-on, pour encourager cet engouement récent, renoncer à apprécier une course sur les fondamentaux de la lidia ? Doit-on pour faire naître l’illusion de succès majuscules attribuer les trophées en dehors de toute conformité au règlement ? Doit-on stigmatiser systématiquement les présidences qui n’acceptent pas d’emboîter le pas au relâchement actuel comme le grand public et la presse en général n’y manquent pas ? NON trois fois NON ! Heureusement, certaines arènes ont conservé les valeurs indispensables qui doivent prévaloir au rituel. Car les palcos méritent d’être respectés, s’ils ne sont évidemment pas exempts d’erreurs, ils endossent également d’importantes responsabilités que leurs critiques ne soupçonnent pas ou oublient trop vite.

          En premier lieu, ne perdons pas de vue que présidents et assesseurs sont des bénévoles, qui s’acquittent de leur place par souci d’indépendance, des bénévoles qui doivent traiter avec des organisateurs, toreros, des professionnels qui naturellement recherchent plus de facilité. Assister un jour à une composition des lots finirait de vous en convaincre, et vous pourriez vérifier combien il faut se montrer opiniâtre pour faire entendre la voix de l’aficion.
Le palco, logiquement composé de personnes expérimentées, formées, indépendantes, s’oblige à diriger le déroulement de la course dans le respect du règlement et de l’éthique taurine, en cela il défend directement les intérêts des aficionados, mais aussi l’équité entre toreros. Et idéalement le sens de ses décisions devrait être considéré bien plus comme un apport pédagogique pour les uns, d’interprétations pour les autres, que comme l’objet d’invectives grossières qu’on justifie au motif d’avoir payé une entrée.

          Répondre aux exigences que requièrent les fonctions de président et d’assesseurs n’est pas chose évidente. C’est pourquoi la FSTF a décidé de créer en 2012 un espace d’échanges et de formation le CPAC, le Corps des Présidents et Assesseurs de Corrida, devenu depuis le Corps des Présidences et Alguazils de Corrida. Le CPAC est ainsi ouvert à tout aficionado, habitué des palcos ou pas, mais intéressé par le sujet.
Depuis sa création par le regretté Roger Merlin, alors président de la FSTF, le CPAC remplit consciencieusement sa mission. Il n’y a qu’en juger par sa production : Document d’Assistance, fiches de situation exceptionnelles, fiches encastes, fiches comportement du toro, mais aussi présentations sur la façon d’apprécier le tercio de piques, les banderilles, la faena, l’estocade, les blessures des taureaux, etc… Au-delà de ces formations techniques, le CPAC se livre chaque année à l’analyse des comptes-rendus de présidences réalisées par ses membres, à l’analyse de statistiques, des résultats par type de spectacles, arènes, région. Tout cela au moyen de deux Sessions Régionales et d’un Symposium National. Pour finir, ajoutons que le CPAC entretient des liens étroits et développe des projets communs avec son homologue espagnol, l’Association Nationale des Présidents des Places de Taureaux d’Espagne.

          Une amélioration notable des difficultés rencontrées passerait assurément la désignation de présidences externes indépendantes des organisateurs garantissant leur compétence et leur totale autonomie, pas besoin de préciser que la FSTF y est favorable et en fait la proposition.
Si le comportement de certaines présidences inféodées aux organisateurs et particulièrement généreuses peut prêter à sourire, de grâce avant de siffler trop vite un président sérieux, interrogez vous une minute pour savoir ce que vous auriez fait à sa place et pour être sûr que vous possédez l’ensemble des qualités requises pour monter au palco.

Le sujet vous intéresse ?

Faites nous le savoir et inscrivez vous au SYMPOSIUM NATIONAL qui aura lieu le 4 novembre prochain à NAILLOUX (31), il sera consacré à la problématique de la distribution des trophées.

Amitiés.

André Roques.

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Ça coupe, ça gracie, ça triomphe comme jamais en 2023.

En effet, côté trophées taurins c’est aussi l’inflation et on ne voit pas de baisse des prix avant un horizon bien lointain…

Les questions à se poser sont simples :

L’attribution inflationniste de ces trophées est-elle justifiée ? Réponse : très peu souvent. Correspond elle au respect des critères définis par la règle commune ? Réponse : la règle commune n’est plus respectée. Garantit elle un succès durable et une fidélisation de la nouvelle clientèle ? Réponse : non, c’est un écran de fumée qui ne trompera pas durablement les consommateurs et décourage l’aficionado.

Le phénomène s’explique par le clientélisme voulu par les organisateurs commerciaux qui artificiellement voudraient faire croire à un nouvel âge d’or de la tauromachie.

Comment cela est-il possible ?

Comme la jésuitique nous y invite apportons la réponse à cette question par quelques interrogations de bon sens :

Est-il normal que les présidences soient nommées par l’organisateur du spectacle, en quelque sorte que l’arbitre appelé à juger soit investi par l’équipe qui reçoit à domicile ?

Est-il normal que les présidences n’aient pas à justifier de connaissances suffisantes, d’engagement à l’impartialité, d’indépendance ?

Est-il normal que les présidences soucieuses d’éthique et d’équité soient contestées dans leurs décisions et ne soient pas soutenues ?

Est-il normal que l’attribution des trophées soit fondée sur la pratique locale sans homogénéisation des décisions, selon, nous dit-on, « l’idiosyncrasie » de chaque arène ?

La corrida est beaucoup plus qu’un simple spectacle visant simplement à satisfaire celui qui a investi dans le prix du billet. Les émotions qu’elle génère ne serait ce que par la présence en piste de l’incertitude et de la mort exigent des comportements hautement moraux seuls à même de justifier l’exploitation en public du taureau et son respect.

La démythifier par des triomphes artificiels c’est la dévaloriser et ignorer les impératifs éthiques que sa pratique exige.

Appelons nos instances à réagir et à cultiver les valeurs qui distinguent la corrida et en font un phénomène unique que même le philosophe a du mal à définir.

En l’absence de prise de conscience et faute deréaction ce qui est à craindre c’est le glissement définitif de la corrida à pied vers l’apparence, les paillettes, le triomphe, ceci au détriment de l’authenticité et du réel ; chimère versus vérité en quelque sorte !

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La pandémie nous a fait toucher du doigt ce que pouvait être une année sans taureaux. À la suite de cette triste expérience nous avons eu droit aux prophéties annonçant un monde qui ne serait plus comme avant, un monde où les scories, excès et autres égarements seraient gommés par une envie de mieux vivre en harmonie en particulier avec la nature.

En matière de tauromachie, il n’y a pas eu les faillites annoncées et peu de renoncements à organiser des spectacles taurins sauf quelques aménagements à la marge qui ne modifiaient pas l’équilibre économique du secteur. Seuls les éleveurs ont été cruellement touchés par cette année blanche et ont dû réduire drastiquement pour certains les effectifs de leurs troupeaux, de plus, autre sanction, le marché de la viande s’est écroulé.

En 2022 tout est reparti comme en 14 avec une bonne fréquentation des arènes et sans que « le système » ne soit aucunement réformé. Chacun a retrouvé sa place sans imaginer ce monde nouveau plus prophétisé qu’espéré.

Où en sommes nous en 2023 alors que la temporada est en grande partie consommée ? À lire les commentaires des plumes taurines dites sérieuses en Espagne et en France et à courir les corridas de ville en ville quatre constats peuvent être tirés :

La fréquentation des arènes est en hausse notable par l’effet d’aspiration d’un Roca Rey taquilleriste avec un nouveau public jeune et peu connaisseur, ce qui est appréciable mais – risque de l’éphémère – nécessite de réfléchir à comment le fidéliser durablement.

Le mundillo juge le triomphalisme indispensable et l’organise pour fixer « cette nouvelle clientèle qui veut s’amuser », sic ! Aux gémonies les fondamentaux de la corrida et basta le règlement.

Côté toreros, une place plus importante est laissée aux jeunes professionnels mais c’est surtout le fait de l’indisponibilité de plus anciens.

Et côté taureaux ? Eh bien, côté toros, c’est la Bérézina !

Toute revue sérieuse de la presse taurine relate la présence généralisée en arènes de première catégorie de taureaux décastés, sans force et sans moral à l’exception notoire de quelques individus parmi les milliers combattus et aussi des quelques arènes bien connues qui priorisent le taureau brave, lesquelles – est-ce une surprise – ne sont pas des arènes commerciales. Le compte rendu des tiers de piques où même la mono-pique semble de trop, est à ce titre édifiant, le mundillo allant jusqu’à nous rétorquer que « la bravoure ne se juge plus au premier tiers », sic !

De plus, la présentation insatisfaisante du bétail est discrètement évoquée soulignant très souvent le manque de tête pour les animaux combattus. En termes clairs cela veut dire que les exigences des professionnels vont très au-delà de la pratique généralisée de la bolita, ce geste devenu systématique à l’enlèvement des fundas.

Alors on nous dit que la crise de l’élevage a induit une forte baisse de l’offre et une moindre exigence dans la sélection pour satisfaire la demande, situation qui devrait prolonger ses effets sur quelques saisons encore ; acceptons ce point de vue. Mais ne soyons pas naïfs, il n’explique pas tout.

Bafouer l’éthique qu’exige l’utilisation d’un animal en public et le respect de ce même public qui paye ses billets, renoncer aux fondamentaux, mais jusqu’à quand tiendra ce système bancal et inacceptable ?

Sauf rétablissement de la situation sur les dernières férias, ce qui serait étonnant, force sera de relever cette évidence qui devrait inviter toreros, apoderados, organisateurs, éleveurs, villes taurines… à s’inquiéter :

2023 aura été une année sans toros… bravos !

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Faut-il craindre l’arrivée dans nos arènes de ce nouveau public composé de vingtenaires et de trentenaires ?
À lire nombre de revisteros, le manque de repères et l’ignorance des fondamentaux par ces profanes pourrait conduire la corrida à sa perte ; fichtre !
A visto de nas, ce sont des spectateurs qui veulent découvrir et mieux connaître ce qu’on leur propose et expriment l’émotion instinctive que leur procure le moment présent, d’où, par exemple, l’inflation de trophées accordés clouant au pilori les présidences perdues dans leurs certitudes et bousculées par ce vent nouveau venu d’ailleurs. À ce stade sont-ils condamnables ?
Bien sûr que non.
Le constat ne peut être controversé mais alors n’y a t il aucune solution ?
Bien sûr que oui, il y en a.
Mais y a t il des propositions d’action pour pallier ce manque de connaissances ?
Pas autant qu’il serait nécessaire. Elles ne courent pas les callejons ! En effet, si la critique est aisée, l’art est difficile !
Après ce constat qui nous rassemble, il convient d’étudier les marges de progression pour s’approprier le phénomène, concevoir des axes de changement et construire les outils d’accompagnement, diront les managers qui n’ont pas toujours tort, une once de méthode ne peut que favoriser la conduite du changement.
Sans prétendre que la FSTF est la seule à avoir pris les devants, il n’est pas inutile de rappeler à cet instant qu’à partir de 2020 elle a conduit les États Généraux des Tauromachies qui ont produit les Cahiers des EGT avec 40 propositions de changement. Notons que cette évolution espérée de la fréquentation des arènes avait alors été anticipée.
Engagée depuis sa création à défendre une tauromachie authentique et éthique, la FSTF a pour sa part déjà conçu de premiers outils d’initiation informatifs et formateurs. Vous pouvez les consulter sur son site internet, ils sont libres de droit et imprimables par qui voudra bien les diffuser et les distribuer, en voici trois exemples :
– La Présidence répond à vos questions
– La Corrida comment ça marche (niveau 1)
Argumentaire Quelques vérités sur la corrida CH 4  
Mais ce n’est pas suffisant, elle a donc décidé de consacrer son automne traditionnellement studieux à de nouveaux travaux pour aller encore plus loin :
– Le Corps des Présidents et Alguazils de Corridas abordera le thème Les Trophées Taurins, bilan et perspectives lors de son symposium annuel ;
– Le colloque de la FSTF, organisé dans le cadre de son congrès annuel, traitera pour sa part du sujet déterminant : La corrida de demain vue par les Jeunes Aficionados.
Deux manifestations auxquelles les aficionados peuvent participer.
Nous y reviendrons.
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Le mois de juin permet d’effectuer un premier bilan de la saison taurine même s’il n’en constitue pas le point d’équilibre.

Aujourd’hui et pour ce premier semestre 2023 une évidence s’impose : la fréquentation est supérieure aux années précédentes quelle que soit la catégorie des arènes avec une évolution dans la répartition sociale des personnes qui viennent compléter les gradins. Il faudra en analyser finement la nature et en rechercher les causes en évitant les supputations, ressentis, extrapolations hasardeuses et autres conclusions hâtives et triomphalistes si on veut en tirer un bénéfice réel et durable.

Cet apport de clientèle ne devra pas non plus ne rester que la simple satisfaction économique de l’organisateur. A partir de là, il y a nécessité en effet à penser la fidélisation de ce nouveau public parmi lequel le retour remarqué de personnes parties parce que déçues par l’évolution du spectacle; ce phénomène doit être particulièrement surveillé.

Il y a là un indicateur fiable à considérer. Ne pas décevoir doit être le fil conducteur de ceux qui proposent les spectacles. Consolider ces résultats favorables passe donc par une réflexion approfondie de l’offre proposée, notamment en matière de bétail.

A ce titre, la temporada souffle le chaud et le froid, creuse encore plus le fossé entre les corridas dites « toristes » et les corridas dites « toreristes », entre l’émotion légitimement attendue du taureau et l’émotion artistique tout aussi légitime procurée par l’homme.

Peut-on espérer des passerelles entre ces deux mondes ?

Certains toreros montrent la voie à suivre, Morante et Luque s’engagent, agissent, mettent la jambe. Ils n’hésitent pas à accepter des taureaux d’élevages qui montrent caste et bravoure. Leur attitude est à saluer mais le mouvement est encore marginal. Trop de taureaux ne supportent plus le test de la bravoure, les taureaux honorés ne sont trop souvent que des taureaux de troisième tiers, « noblesse molle » et « soseria » l’emportent, devant ce bétail, les trophées tombent à profusion pour saluer des prestations certes esthétiques et méritoires mais incomplètes et pléthoriques dérivant vers le spectaculaire et souvent l’ennui.

Pendant ce temps nos adversaires ne désarment pas, même s’ils sont peu nombreux, eux ils savent transformer le plomb en or ! Maîtres en communication et sûrs de l’oreille conciliante de la presse ils tirent profit d’une décision juridictionnelle pourtant marginale à Pérols ou encore déroulent leur journée nationale anti corrida du 10 juin avec plus de succès dans les médias que sur le terrain…

Les tauromachies ont aussi des choses à dire et à montrer, et pourtant, « pour vivre heureux, vivons cachés » entend-on encore dans nos rangs, non ! Ce temps est fini ! Il faut exister, se faire connaître auprès de la population indifférente et ou non informée. Espérons que la plainte annoncée par l’ONCT/UVTF contre la désinformation flagrante diffusée sur Europe 1 le 14 mai dernier soit déposée et défendue jusqu’au bout.

Par ailleurs, les jeunes professionnels et les jeunes aficionados ont montré qu’ils savaient faire en matière de communication et qu’ils pouvaient faire. Il faut entretenir ce feu.

Prenons exemple sur eux, soutenons les !

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Après neuf longs mois passés à concevoir, construire et nourrir son nouveau site internet la FSTF a enfin repris sa place sur la toile. Si le temps nous a échappé c’est à cause de la triple ambition de créer un outil interactif qui permette à la fois d’informer, de communiquer mais aussi et surtout d’échanger. Aux fonctions traditionnelles ce site apporte donc des services nouveaux et intègre les outils destinés à gérer les relations et échanges avec nos affiliés.

Parmi les nouveautés et au delà des parties ouvertes au public ont été créés des espaces privés réservés à la fédération pour son fonctionnement interne, aux clubs affiliés et aux adhérents individuels en relation avec elle.

Deux innovations importantes directement issues des ÉTATS GÉNÉRAUX des TAUROMACHIES ont amené la fédération à modifier son propre fonctionnement et à parfaire son ouverture.

  • Ainsi les pages dédiées aux SOCIOS de la FSTF servent elles de support numérique à ce club taurin interne à la fédération qui a vocation à rassembler les personnes qui la rejoignent à titre individuel.
  • Par ailleurs en solidarité avec les éleveurs et pour favoriser l’accès des élevages aux aficionados et à toute autre personne intéressée a été créée la ROUTE du TAUREAU. Une carte interactive oriente le visiteur vers les fiches descriptives de chaque élevage et présentant les conditions de visite.

Le site est désormais à votre disposition avec ses incomplétudes et ses imperfections, un temps de rodage étant nécessaire à son aboutissement.

Ainsi les pages dédiées au Corps des Présidents et Alguazils de Corrida ne sont elles pas encore finalisées. Ce sera l’affaire de quelques semaines pour pouvoir disposer d’un site complet avec notamment la récupération de la riche documentation accumulée depuis plusieurs décennies.

Soyez patients, soyez indulgents, l’enjeu le vaut bien et je vous invite à partager l’affirmation de William Shakespeare que nous faisons nôtre :

« la mémoire est la sentinelle de l’esprit ».

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Sin medicos no hay corridas !

       Saluons les chirurgiens taurins qui se sont réunis le 5 mars dernier et ont décidé de se fédérer au niveau de la France taurine.

Désormais l’Association Française de Traumatologie Taurine portera l’ensemble des préoccupations des personnels médicaux et soignants qui assurent la sécurité de ceux qui interviennent en piste.

     À l’heure où l’exercice médical est particulièrement exposé à l’exigence du résultat et à la judiciarisation, ils engagent dans des conditions difficiles leur responsabilité personnelle et professionnelle. Leur statut doit être conforté et sécurisé dans le règlement taurin municipal et dans les arènes françaises. En effet le droit coutumier taurin ne saurait s’abstraire des règles qui régissent l’organisation nationale des soins. En outre la place qui doit être la leur dans l’encadrement des spectacles doit être affirmée, acceptée et respectée. Ils ne sont pas les pompiers de service qui plus est bénévoles !

Les demandes qu’ils présentent depuis de nombreuses années doivent être examinées et entendues. Cette prise en compte conditionne tout simplement la pérennité de la corrida. Sans la présence des équipes médicales et des équipements spécialisés, la course ne peut être lancée. Bien sûr cela entraînera des coûts supplémentaires en investissement et en fonctionnement, il faut accepter de les assumer. La question est particulièrement aiguë dans les arènes de troisième catégorie et ne pourra être résolue sans de nouvelles formes de solidarité à inventer.

     Tout cela va dans le sens du plus d’éthique que la FSTF attend et pour lequel elle agit. Cela contribue aussi à la reconnaissance de tous ceux qui font les tauromachies, qu’ils soient humbles ou moins humbles, ils sont tous indispensables.

Longue et profitable vie à l’A.F.T.T.

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Et si le ressort était cassé ?

Les bilans de la saison 2020 fleurissent comme au temps où la tauromachie poursuivait son bonhomme de chemin entre Charybde et Scylla. En cette fin d’année, ils tentent de donner du sens à une saison qui, malgré elle, en a bien été privée. Accordons leur le mérite de tracer l’historique de la condamnation de la tauromachie à une brutale mise à pied, comme toutes les autres activités sociales, économiques, culturelles, cultuelles, artistiques ou sportives l’ont été par la pandémie.

Annus horribilis pour certains, année de transition pour d’autres, illusion d’un nouveau modèle pour quelques uns, 2020 a-t-elle réussi à susciter la saine prise de conscience de la gravité de la situation susceptible de provoquer une catharsis pouvant ouvrir la voie à un avenir meilleur ?

Le test des États Généraux des Tauromachies en sera un indicateur à l’heure où les premières annonces pour la prochaine saison – toutes aussi louables et méritoires qu’elles soient – ne laissent rien augurer d’autres que le souhait de sauver les apparences comme on sauve les meubles.

Or, il y a pourtant des signes positifs : des taureaux plus beaux que jamais hantent les herbages, les professionnels, dont la raison d’être est d’exercer leur art, sont particulièrement motivés, les jeunes en formation dans les écoles piaffent d’affronter le bétail, les organisateurs sont prêts à remettre le couvert. Mais l’enjeu majeur sera de mesurer si le public est prêt à retourner dans les arènes comme il le faisait auparavant sans trop manifester ses exigences ; le défi sera aussi, et surtout, d’en conquérir de nouveaux.

Par ailleurs, cette saison manquée a permis à nombre d’aficionados d’analyser leur propre attitude face à une offre inégale et souvent décevante en consommateurs de spectacles taurins qu’ils sont. Cela ne saurait suffire, leur engagement militant pour défendre la cause devra être recherché, mais, même si c’est le cas, pour quelle tauromachie ? D’évidence la corrida ne se justifie au XXIème siècle que si elle est éthique et promeut les valeurs d’authenticité qu’elle a légitimement conquises et parfois oubliées.

Le coup d’arrêt de 2020, qui va se poursuivre plusieurs mois encore, peut être fatal dans le contexte de bienpensance animaliste qui nous contraint. Aussi en ces temps incertains, l’avis des aficionados ne saurait être ignoré par les décideurs, cela exige de leur part d’engager le dialogue pour obtenir de la cohésion et tendre au rassemblement de la communauté taurine.

Alors qu’espérer pour 2021, a minima, une « meilleure » année !

Gardons le contact !